PROSTITUTION : ALORS, ON FAIT QUOI ?

Et si pour supprimer la prostitution …. on l’interdisait ? Alors que la bonne question est : pourquoi la prostitution ? Et la réponse : parce que les hommes sont des cochons, ne suffit  pas…

Il n’y a rien de plus abjecte que la prostitution car elle permet l’exploitation de personnes fragilisées financièrement ou psychiquement. L’âge moyen d’entrée dans la prostitution est de 14 ans, et 70% des personnes prostituées ont été agressées sexuellement dans leur enfance. La prostitution est, hormis quelques exceptions, un chemin de croix pour ceux et celles qui sont contraints de le parcourir. Cela n’a rien à voir avec les films à l’eau de roses des studios Hollywood, c’est plutôt un trafic d’êtres humains réduit à l’esclavage.

On pourrait surtout mettre les moyens financiers et humains pour lutter contre le proxénétisme, la prostitution subie et les réseaux mafieux. Il faut venir en aide à ces filles à qui on promet un emploi de serveuse et qui se retrouvent sur le trottoir, à ces personnes contraintes à la prostitution par la violence physique, ou par des menaces de rétorsion contre leur famille.

Une autre priorité serait d’augmenter les ressources des étudiants pour éviter que certaines, et certains, ne franchissent la barrière pour boucler les fins de mois difficiles, et se réfugient ensuite dans les drogues dures. Puis incapables de poursuivre des études, ils se retrouvent  pris au piège. Ensuite entre les dealers et les souteneurs, leur vie devient un véritable enfer. Est-ce la seule alternative que la société a à leur proposer ?

On peut également penser que l’abolition est une mission impossible, et que l’Etat devrait encadrer la prostitution choisie en rouvrant par exemple les maisons closes et en fiscalisant les recettes générées par les travailleurs du sexe. Mais alors, lorsque  la prostitution fera partie intégrante du marché de l’emploi, et qu’elle sera un travail comme un autre, si vous êtes au chômage et que vous refusez un emploi de prostitué, serez vous rayé de la liste des chômeurs ? En  quoi le fait de toucher un salaire abolirait-il l’exploitation sexuelle qui est le principe de la prostitution ?

L’argent généré par la prostitution en France est évalué à plus de 3 milliards d’euros par an.  Une prostituée rapporte en moyenne  120 000 euros par an, dont elle ne touchera que des clopinettes  et quelques « raclées » en prime, car 80 % de tout ce qui touche au sexe est  contrôlés par des organisations mafieuses.

La pénalisation du client voulue par certaines féministes ne va-t-elle pas déplacer simplement  les prostituées vers d’autres lieux ? Cela risque aussi de détourner le débat contre toutes les formes de misère de la prostitution et de l’exploitation sexuelle … et de fermer les yeux sur ce système qui permet l’exploitation des personnes, et qui veut que tout soit marchandise !

Dans notre société qui déborde d’images pornographiques et qui nous fait croire que les films et les photos trouvés sur le net ou ailleurs sont la norme dans les rapports humains ou amoureux, il serait bon de se demander si la satisfaction de tous les désirs est la phase ultime de la liberté individuelle. La phase ultime de ceux qui ont les moyens de se l’offrir, évidement. Les autres subissent. La norme du système capitaliste est que tout s’achète et tout se vend, alors qu’en réalité, tout autre rapport qu’un rapport désiré, pas seulement consenti, mais désiré est un viol, tarifé ou non.

« Quand l’argent d’un gouvernement dépend des banques, ce sont elles et non les chefs du gouvernement qui contrôlent la situation »… Napoléon Bonaparte

Lire également sur la société …

Publicités

3 réflexions sur “PROSTITUTION : ALORS, ON FAIT QUOI ?

  1. Sans nier en rien la réalité d’un monde ou règne surement plus la contrainte que le libre choix, je suis un peu réservé sur quelques points.
    je me lève tous les matins, pour faire un boulot qui ne me plait pas, m’éloigne de mes enfants et de mon domicile ou j’aurais tant à faire. Je le fais en échange d’une rémunération. ce travail est consenti et mais non particulièrement désiré. Dois je considérer que c’est une forme d’esclavage, surtout sachant que ce travail m’épuise la santé, m’expose à des tas d’agression, de dangers et d’inconforts ?
    D’un autre coté je décide d’abandonner ce boulot pour ne plus mettre en avant ma force physique mais ma plastique et mon expérience en me prostituant. dois je me l’interdire au nom du fait que ça dégraderait telle ou telle image ?
    En fait tout ça est un subtil glissement sémantique qui permet d’amorcer une pompe à fric sous prétexte de grands principes.
    La même démarche que pour le trafic de drogue dans les cités. Depuis que les dealers marseillais ont montré qu’il ne faut pas les faire chier sinon ils tirent, nos avisés dirigeants ont adopté une attitude moins risquée pour leurs agents et plus rémunératrices : installer à la sortie des cités policiers plus douaniers, afin guetter le client et de coller une amende immédiate. Je me demande quel pourcentage de leurs clients les dealers « livrent » pour que la cohabitation en bonne intelligence (SIC !)

  2. encadrer et légaliser ne veut pas dire que l’on soit partisan de la prostitution, cela veut dire normaliser des situations qui sont anormales par le fait que tout se passe »underground » et ce qui est « underground » ne profite qu’aux réseaux mafieux!on peut faire un parallèle avec la drogue et avancer les mêmes arguments! c’est état de fait a assez duré, je préfère la solution allemande moins hypocrite et finalement(bien que tout ne soit pas parfait) beaucoup plus profitables aux prostituées sur le long terme!!

  3. Merci pour la photo en tous cas.
    En tous cas pour des gens qui pestent contre les atteintes aux libertés, l’interdiction de la prostitution et la pénalisation des clients (càd les petits michetons, par les dsk et autres clients de Dédé la Saumure) n’a pas l’air de vous émouvoir beaucoup…

Les commentaires sont fermés.