DES NANOPARTICULES DANS L’ASSIETTE

nano

Leur nom vient du grec « nanos », qui signifie « nain ». Cinq cent mille fois moins grosses qu’un cheveu, les nanoparticules échappent aux lois de la physique classique. Grâce à elles, les industriels nous promettent des pantalons ou des chemises qui résistent aux taches et aux plis, des vitres qui se nettoient toutes seules, des peintures pour voiture impossibles à rayer… Mais ils ne disent pas qu’ils ont déjà commencé à en saupoudrer notre assiette. On en trouve dans le ketchup, comme épaississant, dans certaines vinaigrettes industrielles, comme agent blanchissant, ou certaines soupes en sachet afin d’empêcher la formation de grumeaux…

Pour éviter que le chocolat ne blanchisse en vieillissant, notamment, on le badigeonne avec des nanoparticules de dioxyde de titane. Un procédé que s’est empressé de breveter, il y a six ans, le groupe Mars, leader mondial du chocolat et du chewing-gum. De son côté, Unilever, le roi de la crème glacée, planche sur des nanoémulsions qui rendraient ses glaces moins grasses mais plus onctueuses. Kraftfood, numéro deux de l’agroalimentaire, a créé Nanotech. Un consortium qui mobilise une quinzaine d’universités et d’instituts de recherche sur les nanotechnologies appliquées à la bouffe.

Et que dire des nanoparticules bourrées d’arômes et de colorants synthétiques qui éclatent sous l’effet de la chaleur ou quand on les secoue ? Parmi les joyeusetés expérimentées : des sodas qui changent de couleur et de goût. Au fait, une fois avalées, ça donne quoi, les nanoparticules ? Eh bien, on n’en sait rien : comment elles sont absorbées par l’organisme, comment elles se diffusent, ou interagissent avec les aliments, mystère. En mars dernier, dans un rapport sur le sujet, l’Agence française de sécurité sanitaire des aliments tirait la sonnette d’alarme : « il n’est pas possible, aujourd’hui, d’évaluer l’exposition du consommateur ni les risques sanitaires liés à l’ingestion de nanoparticules. » Et de conclure : « La prudence s’impose. »

Le plus drôle, dans tout ça, c’est que les nano-ingrédients ne sont jamais indiqués sur l’étiquette. Sans doute les effets de la nanotransparence…

Le Canard enchaîné – 22 juillet 2009

Lire : LA POLICE DANS LES POTAGERS ?

« L’Europe est la seule possibilité de créer un cadre pour le néo-libéralisme »… René Courtin, 1948, économiste

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2 réflexions sur “DES NANOPARTICULES DANS L’ASSIETTE

  1. tout comme la nocivité des pesticides et autres insecticides sur nos organismes ne sont testés que séparément et non en cocktail… tout à fait logique car on mange une pomme, et ce n’est qu’une fois totalement digérée et bien éliminée.. que l’on mange une fraise… 🙂
    merci pour le partage 🙂

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