OTAN ET PROPAGANDE GUERRIÈRE

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Le dernier communiqué de l’OTAN est  un bijou de novlangue, d’inversion des réalités, à étudier de près pour qui veut comprendre comment naissent les guerres. La Russie est citée… 55 fois. Parmi, les perles du communiqué final, on peut citer : « Les actions agressives de la Russie, y compris ses activités militaires provocatrices à la périphérie du territoire de l’OTAN et sa volonté avérée d’atteindre des objectifs politiques par la menace ou l’emploi de la force, constituent une source d’instabilité régionale », ou encore « Les activités et les politiques récentes de la Russie ont diminué la stabilité et la sécurité, accru l’imprévisibilité, et modifié l’environnement de sécurité. Alors que l’OTAN respecte ses engagements internationaux, la Russie a violé les valeurs, les principes et les engagements sur lesquels repose la relation OTAN‑Russie », également : « la violation, par la force, des frontières d’États souverains ; l’action délibérée de déstabilisation de l’est de l’Ukraine ; la tenue d’exercices impromptus de grande envergure, contraires à l’esprit du Document de Vienne, et les activités militaires provocatrices à proximité des frontières de l’OTAN » … Si le ridicule tuait, l’OTAN ne serait plus qu’un lointain souvenir !

Le secrétaire général de l’OTAN, Jens Stoltenberg, a salué comme « historique » l’accord pour l’envoi de nombreuses troupes de l’OTAN en Pologne et dans les Républiques baltes. Ses propos ont été repris par les responsables américains et européens, mais fermement condamnés par les hauts responsables russes.

Prenant la parole à Varsovie sur les plans de l’OTAN, le président américain Barack Obama a déclaré « les Etats-Unis seront la nation de tête ici en Pologne et déploieront un bataillon de soldats américains ». Il poursuivit en disant: « Le Royaume-Uni prendra la direction en Estonie, l’Allemagne en Lituanie et le Canada en Lettonie. Cela se traduira par quelque 4.000 soldats supplémentaires de l’OTAN sur base rotative dans cette région. De plus, la brigade blindée américaine supplémentaire tournera en Europe et inclura 4.000 soldats américains supplémentaires. Pendant ce temps, au sud, nous avons convenu de nouvelles mesures de dissuasion en Roumanie et en Bulgarie ».

Le sous-secrétaire adjoint américain à la Défense pour les affaires russes Mike Carpenter a résumé la teneur des relations de l’OTAN avec la Russie en disant que le commandement européen de l’armée américaine avait dû consacrer des ressources importantes à devenir un quartier général « pour mener la guerre ».

Obama a également annoncé une escalade majeure des opérations de l’OTAN en Asie centrale et au Moyen-Orient. Il a annoncé un engagement de 900 millions de dollars et le déploiement de 12.000 soldats supplémentaires par une coalition de 39 pays pour poursuivre les opérations de l’OTAN en Afghanistan, ainsi que l’intensification des opérations de reconnaissance aérienne en Irak et en Syrie.

Obama a aussi rejoint le premier ministre britannique David Cameron, la chancelière allemande Angela Merkel, le président français François Hollande et le premier ministre italien Matteo Renzi dans une réunion avec le président ukrainien Petro Porochenko. Le leader ukrainien, qui dirige le régime nationaliste d’extrême droite issu du putsch de février 2014 à Kiev, soutenu par l’OTAN, a reçu des promesses d’aide militaire supplémentaire à condition d’imposer plus de « réformes » économiques libérales comme celles qui ont déjà dévasté l’économie du pays.

De hauts responsables russes ont condamné le sommet de l’OTAN. Même l’ancien premier ministre soviétique Mikhaïl Gorbatchev, dont la politique a préparé la dissolution de l’URSS et la restauration du capitalisme et qui a joué un rôle clé dans la facilitation du déchaînement de violence de l’OTAN à travers le Moyen-Orient et en Europe, s’est senti obligé de critiquer le sommet.

Les dirigeants de l’OTAN « ne parlent que de défense, mais en réalité ils se préparent à des opérations offensives » a-t-il dit, ajoutant: «Toute la rhétorique à Varsovie ne fait que quasiment réclamer une déclaration de guerre contre la Russie ».

Des porte-parole du gouvernement russe ont dit qu’il était « absurde de parler d’une menace de la part de la Russie » envers l’OTAN et le parlementaire Konstantin Kosachyov a comparé les plans de déploiement de l’OTAN à la « construction d’un barrage dans le désert ».

La conclusion inéluctable de la présentation d’Obama est que la politique de l’OTAN consiste à enfermer les populations d’Amérique du Nord et d’Europe dans des guerres d’occupation perpétuelles. Cette politique, qui attise les tensions stratégiques et les conflits ethniques dans toute l’Eurasie, menace de dégénérer en guerre avec une Russie puissance nucléaire… Il est grand temps pour notre survie que l’Europe sorte de l’OTAN et engage des pourparlers de collaboration avec la Russie.

Au cours des deux dernières années et demie, les États-Unis et leurs alliés de l’OTAN ont invoqué la question de la Crimée comme prétexte pour le déploiement de forces militaires à la frontière de la Russie, supposément pour contrer l’«agression» et l’«expansion» de Moscou. Des groupes de combat de l’OTAN de mille soldats chacun sont déployés en Pologne et dans les trois républiques baltes. La crise en Ukraine et les développements en Crimée sont le résultat direct, non pas d’une agression russe, mais bien du coup d’État orchestré par les États-Unis et l’Allemagne qui a renversé le gouvernement élu du président Viktor Ianoukovitch en février 2014. Dans la foulée du coup d’État, la Crimée, dont la majorité de la population parle le russe, a voté dans un référendum à très grande majorité pour quitter l’Ukraine et intégrer la Russie.

En tentant d’entrainer la Russie dans un conflit armé pour la Crimée, l’impérialisme américain mène une politique dont l’imprudence est à couper le souffle. Mais c’est justement le caractère de la politique étrangère des États-Unis au cours du dernier quart de siècle de guerres sans fin, et de plus en plus nombreuses, au Moyen-Orient.

La confrontation que les États-Unis cherchent à provoquer en Crimée n’est pas séparée de ces guerres. Elle est liée aux frustrations des États-Unis sur le fiasco de son opération de changement de régime en Syrie, où l’appui de la Russie pour le gouvernement du président Bachar Al-Assad a réussi à repousser les milices liées à Al-Qaïda qui jouaient le rôle de forces par procuration pour les États-Unis sur le terrain. L’attaque terroriste avortée lancée contre la Crimée par des éléments des services secrets ukrainiens, sans aucun doute avec le plein appui de Washington, a plongé l’Europe dans l’une de ses plus graves crises depuis la fin de la Deuxième Guerre mondiale.

Transmit par Bill.J.C

« Le gros du problème avec les Russes c’est qu’ils ont placé leur pays à proximité des installations de l’OTAN et qu’ils y ont même mis leur armée … quels fourbes ces Russes !! »

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Une réflexion sur “OTAN ET PROPAGANDE GUERRIÈRE

  1. Il ne faut pas être aveugle ni sourd pour voir que l’Europe, peureuse de perdre ses exportations aux Usa, obeit aux directives américaines. Putin, avait en son temps proposé de faire partie de l’Europe mais bien-sûr on lui rit au nez. Un si grand pays aurait pu avoir trop de poids. On a raté le coche et je ne pense pas que cette occasion se renouvellera de sitôt. Pourtant, tout le monde se rend compte que l’aide de la Russie à la Syrie pourrait aider aussi l’Europe à contenir l’immigration en masse beaucoup plus que ne le fait cet allié de l’Otan imprévisible qu’est Erdogan. Il n’est pas exclu aussi que Putin soit en train de créer lui-même l’immigration de masse vers l’Europe afin de provoquer sa désintégration par l’intérieur suite aux problèmes que cela va provoquer. L’alliance avec Erdogan, que Putin n’aime pas du tout, prouve qu’il est disposé même a ça et peut-être même davantage pour jouer un mauvais tour, que l’on dira imprévisible encore une fois alors que l’on ne cesse de provoquer la Russie par tous les moyens.

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