PARIS HABITAT : Directeurs choyés, salariés méprisés

People play in the mud during the Boryeong Mud Festival at Daecheon beach in Boryeong...People play in the mud during the Boryeong Mud Festival at Daecheon beach in Boryeong, about 190 km (118 miles) southwest of Seoul, July 19, 2013. About 2 to 3 million domestic and international tourists visit the beach during the annual mud festival, according to the festival organisers. REUTERS/Lee Jae-Won (SOUTH KOREASOCIETY TRAVEL - Tags: TRAVEL TPX IMAGES OF THE DAY) SOCIETY

500 000 euros… C’est le parachute doré que recevrait, en cas de licenciement, Stéphane Dambrine, le directeur général de Paris Habitat, le principal bailleur social de la ville de Paris.

Ce n’est pas la seule chose révoltante qui figure dans un rapport officiel de 2013, tenu secret jusqu’à ce qu’il tombe entre les mains de journalistes du Parisien. Le même directeur gagne 14 000 euros net par mois (plus que le Premier ministre). On apprend aussi non seulement que les directeurs adjoints touchent entre 9 500 et 10 000 euros net mensuel, mais qu’un des leurs, Gilles Romano, le numéro trois de Paris Habitat, occupe depuis 15 ans un logement aidé (PLI) de quatre pièces dans le 12e arrondissement, pour un loyer de 1 000 euros, une somme largement en-dessous du prix du marché…

La générosité de Paris Habitat envers ses cadres supérieurs ne semble pas avoir été tempérée par la crise. Le rapport nous apprend ainsi qu’entre 2006 et 2014, le poste « organes de direction » est passé de 2,4 à 3,34 millions d’euros, soit une augmentation de 40 % !

Comment ne pas faire la comparaison avec le sort d’autres salariés de la ville de Paris, notamment du service des Parcs et jardins qui se trouvaient obligés de dormir sur place dans les cabanes à outils, par manque de moyens financiers, ou des salariés qui dormaient dans leur voiture de service pour les mêmes raisons ?

Chez les OMS, un sentiment de nausée

Après plus de 4 mois de grève, les salariés de la société de nettoyage OMS viennent de gagner un bras de fer non seulement avec leur patron mais aussi avec le donneur d’ordre, Paris Habitat, qui sous-traite à OMS pour le nettoyage de ses immeubles (voir tous nos articles, notamment l’interview dans l’Anticapitaliste n°322). Pendant tout le conflit, Paris Habitat a fermé les yeux sur les agissements d’un patron voyou, et a plaidé la nécessité de faire des économies dans le nettoyage afin d’éviter des augmentations des loyers !

Pourtant, Paris Habitat, en tant qu’organisme public, est contrôlé majoritairement par la Mairie de Paris. Des élus du PS, du PCF et des Verts siègent à son conseil d’administration, et son président est Roger Madec, sénateur du PS et ancien maire du 19e. Ce même conseil d’administration vote la grille des salaires (y compris celle des cadres supérieurs) et vote aussi le choix d’utiliser des sous-traitants mafieux plutôt que d’internaliser le travail. Cherchez l’erreur…

Par Ross Harrold

« Trop souvent nous nous contentons du confort de l’opinion sans faire l’effort de penser »… John Fitzgerald Kennedy

 

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