A QUOI SERT UN FRONT RÉPUBLICAIN ? A RIEN DE BON !

cierge

Il y a trop d’intérêts divergents dans la République pour jouer à faire semblant. 1 % de l’oligarchie possède 50 % des richesses et 99 % de la population « bosse » pour produire des richesses qui ne lui sont pas redistribuées comme elle le mérite. Comment rapprocher les uns et les autres en proposant, dans un faux consensus, de ne rien changer ?

6 millions de chômeurs, 9 millions de pauvres, 7 millions de retraités à moins de 1000 euros, 50 % de salariés à moins de 1650 euros ! Quand ils ouvrent un poste de télévision, ils voient briller les journaux télévisés de riches, les spectacles de riches, les feuilletons de riches, les histoires de riches et les querelles de riches qui ne sont pas les leurs. Ils souffrent, Ils se sentent nargués et c’est sans issue.

Rien de moins convaincant, dans ces conditions, que de pérorer sur « l’unité des partis républicains » : pour qui ? Pour quoi ? Sous Sarkozy il y a eu 2 millions de chômeurs et 23 % de dette de plus, sous Hollande, il y a 1,3 million de chômeurs de plus et 12 points de dette de plus. Ce serait donc que la politique ne pourrait rien changer et que tout est jeu de rôle. La même semaine où se tiennent des grands discours sur la nation, 42 500 chômeurs de plus sont annoncés et plus de 200 000 concitoyens en ricochet, sont touchés par le fléau.

Dans ces conditions le FN se nourrit de ça : il explique aux gens, « ils sont tous pourris, c’est l’UMPS, voilà des décennies qu’ils font pareil et ne font rien pour vous ». Il se présente hors système, n’ayant jamais gouverné, et l’ostracisme dont le « front républicain » veut le frapper, ne fait plus que le renforcer.

Et les « ordo-libéraux » en rajoutent, eux, qui ont une théorie absurde et foudroyante, selon laquelle l’économie a des règles intangibles supra-humaines, qui doivent l’emporter sur les votes, les volontés, les besoins de citoyens : d’ailleurs le patron des patrons, Pierre Gattaz, à la veille du scrutin, choisit d’expliquer que « extrême gauche et extrême droite, c’est pareil » ce qui renforce puissamment la perception d’un théâtre d’ombres.

Trop facile pour le FN, de dénoncer une coalition de facto de partis avec des opinions en apparence opposées mais qui, en action, ne se différencient que trop peu. La dénonciation d’un « establishment » qui ment et qui se tient par la barbichette devient crédible. D’autant que des millions de nos concitoyens sont violentés par la cohorte croissante de millions de chômeurs et de millions de pauvres – et que s’ajoute une effrayante menace terroriste, barbare, mafieuse, irrationnelle.

L’absence d’une sérieuse bataille des idées dans ces conditions renvoie aux peurs et aux malheurs. L’émancipation, l’éducation, la culture, le bien être reculent ensemble.

Mais c’est pire quand la coalition de facto devient une coalition avouée, reconnue et même promue comme « seul moyen de défendre la République ». Là, c’est la République elle-même qui en prend un coup. Elle devient un mot creux et conservateur si elle n’est pas sociale, si elle ne prend pas parti, si elle ne sert pas l’intérêt de la majorité du peuple, si elle n’agit pas.

Quand on en arrive là, les discours sur les « valeurs » n’ont plus de crédit. Les appels à l’histoire, à la nation, ne résonnent plus. La bataille des idées est perdue. Impossible de faire reculer le FN, tout le nourrit. Et lui, il sait trouver un bouc-émissaire simple : c’est la faute à l’immigré pas au banquier. Ce qui réjouit le banquier qui est susceptible de préférer cela et de se montrer reconnaissant. Ce qui influe sur la droite dite « républicaine » qui court après le FN qui lui vole son électorat. D’ailleurs en France, 95 % des gros médias, détenus par 7 milliardaires orchestrent ce grand jeu.

Dans pareil cas, choisir d’afficher un consensus entre les ennemis de droite et de gauche sent la capitulation, la fin du cycle, signe l’arrivée de la tragédie. L’abstention frappe alors la gauche, qui se divise et se désole. Çà confirme tout, ça aggrave tout. Lâché, le FN peut se gonfler et se gorger comme monstre fascisant, la guerre civile peut commencer et la bête immonde resurgir.

La seule urgence, la seule sauvegarde, est d’en revenir aux actes, à la vérité des choix, il faut crever l’abcès. Revenir aux fondamentaux républicains, liberté, égalité, fraternité, démocratie, laïcité, féminisme, La priorité ne doit pas, ne peut plus être à l’éternelle austérité généralisée, à l’étranglement des besoins élémentaires du peuple, mais enfin, enfin à leur satisfaction ! C’en est assez du désert des idéaux façon Macron : « que les jeunes aient envie de devenir milliardaires », le socialisme doit redevenir une idée neuve volontariste, ambitieuse, libératrice, partageuse. Ne surtout pas assassiner les derniers espoirs de survie immédiate du pays avec un accord Valls-Sarkozy !

Pour battre le FN il faut prendre des mesures radicales, prioritaires, spectaculaires contre le chômage de masse, contre la finance spoliatrice, contre l’oligarchie qui se goinfre. Il est exclu que cela se fasse par une alliance entre LR et PS ! Gauche et droite doivent s’opposer comme s’opposent les intérêts des deux classes sociales fondamentales antagoniques ! Finies les belles paroles, les discours creux, il faut des actes. Assez de coups de mentons, il faut du pain dans l’assiette, du boulot et du repos, et surtout un grand dessein, un grand espoir de bien-être social collectif. Il faut remobiliser, reconquérir l’appui actif et enthousiaste, volontaire, conscient, de la majorité du salariat. Il faut lui redonner des salaires, partager le travail, des droits protecteurs et dignes, faire une réforme fiscale forte et transparente. Il faut forcer les riches, les actionnaires, les banquiers à redistribuer les rentes qu’ils ont abusivement accaparé. Il faut moderniser les institutions stopper le « pouvoir personnel », le pouvoir des banques, le pouvoir des oligarques, pour que des citoyens se sentent à nouveau associés, participants, acteurs.

Ce n’est surtout plus le moment d’appeler pour la 40° année de suite « aux sacrifices », à la « rigueur», au « redressement des comptes », il faut que droite et gauche s’affirmant, le clivage se manifeste, la politique réelle reprenne son sens, sa valeur et ses droits, que la majorité des 99 % ait enfin la possibilité de s’imposer aux 1 % : redistribution, relance, reconstruction sociale.

Seule une gauche qui croit en la gauche, et fait une politique de gauche, et qui s’unit sur un programme de gauche, peut nous sauver du désastre.

G.FILOCHE

« La question est de savoir dans quels cas et jusqu’à quel point nous sommes obligés d’obéir à un système injuste »… John Rawls

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