POURQUOI J’AI PEUR ?

Pourquoi sommes-nous aussi passifs et résignés, pourquoi acceptons-nous facilement certaines injustices et pas d’autres, pourquoi acceptons-nous de vivre dans un monde dominé par les forces de l’argent, pourquoi acceptons-nous d’être gouvernés par des gens sans scrupules, pourquoi sommes-nous arrogants et prétentieux devant les faibles et soumis et domestiqués devant les forts,  pourquoi sommes nous désemparés devant la mort et le chaos !

C’est à cause de la peur qui nous habite tous, la peur d’un autre monde, la peur de l’inconnu, la peur de perdre nos repères, peur de manquer, peur de la misère, peur de la solitude, peur du vide et du changement. C’est cette peur qui a servi à inventer la sorcellerie, la magie et une toute puissance divine. La peur, est un instrument puissant du pouvoir. La peur nous maintient dans l’incertitude du lendemain et fixe des barrières à nos espérances, en distillant en nous la peur sociale, la peur de l’autre ou la peur écologique.

Le monde est tel qu’il est car il est conforme aux clivages habituels auxquels l’on nous a conditionnés. L’on nous a fait croire que nos valeurs reposent sur la prédation et la domination de son prochain. Nous sommes programmés pour penser qu’un monde pyramidal est le meilleur. Au sommet il y a ceux qui  méritent leur place et progressivement nous descendons vers la base où une multitude lèvent les yeux et quémandent les miettes du festin pantagruélique dont se gavent les puissants. Mais si la base refuse de porter sur ses épaules le fardeau, la pyramide s’écroule. La base n’est pas consciente de son pouvoir, alors que le système repose entièrement sur ses efforts ! Il est temps de se débarrasser de ces pseudos élites sans morale qui régentent la planète pour leur seul profit égoïste.

Un éveil des consciences  est essentiel pour le devenir de l’humanité. Nous ne pouvons pas continuer à laisser faire. Nous ne pouvons plus nous permettre uniquement quelques réformes. Nous devons réfléchir à d’autres alternatives. Nous devons redéfinir la manière de vivre ensemble. Nous ne pouvons plus accepter le diktat d’une classe de privilégiés au seul dire que les rôles sont distribués ainsi « parce qu’ils le valent bien », il est grand temps de prendre conscience « qu’ils ne valent rien » !

Le Capitalisme  ne sert qu’une poignée d’individus, et devant leur soif insatiable de richesses et de pouvoir, il  devient un monstre incontrôlable. On nous fait croire qu’il n’existe aucune alternative à ce modèle sociétal, c’est faux. Il faut seulement oser, mais la peur du changement, la fameuse peur inscrite au plus profond de nos gènes refait surface. Alors que la seule solution à tous nos problèmes passe inévitablement par une redistribution des richesses, nous cherchons des raisons pour ne rien faire. Nous dépendons de ce système depuis tellement longtemps que nous n’osons pas en imaginer un autre. Pour nous en persuader, nous répétons docilement ce que l’on nous a appris : on ne peut pas faire autrement, c’est de l’utopie !

Mais si nous ne changeons pas, nous sommes condamnés à servir nos maitres pour l’éternité. Évidemment que ce n’est pas facile, mais la Liberté se mérite, des peuples se sont saigner pour l’obtenir, c’est un manque de respect envers eux et surtout envers nos anciens qui se sont battus pour nous. Nous ne pouvons condamner les générations futures à l’esclavage en restant immobile. Osons !

Jean Pierre ACASOCA

« La peur n’alimente qu’elle même . Alors n’ayons pas peur ! »…Patrice LEPAGE.

Et dans le série « société » …

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7 réflexions sur “POURQUOI J’AI PEUR ?

  1. Bonjour,

    Moi aussi, j’apprécie toujours autant vos articles. Mais là, étant donné que c’est une sujet auquel j’ai longtemps réfléchi, j’ai envie d’apporter des restrictions.

    Le peur, mais pas seulement… c’est trop facile comme alibi. Je ne suis pas arrogante et prétentieuse devant les « faibles », ni soumise et domestiquée devant les « forts ». Il m’en a coûté, il m’en coûte, mais tout a un prix, dans notre société marchande, et même avant, en plus quand on est femme… Et la conscience me donne la force de surmonter la peur.

    Si j’ai ce fonctionnement classique, banal, commun, si j’ai juste choisi, depuis toujours, de ne pas être lâche, d’affronter les dragons, bien que ça ne soit pas la solution la plus facile, surtout quand on est seul contre beaucoup de dragons, alors tout le monde est capable de le faire. Alors, pourquoi ne le font-ils pas ? Non, pas par peur. Par fainéantise et lâcheté. Faut pas croire, comme ça, l’homme n’est pas vraiment un spécimen digne d’un piédestal !

    Des insoumis, sans peur ou la trouille au ventre, ont bousculé les statu quo, ont résisté, fait des révolutions plus ou moins violentes. Ils ont posé les bases d’un changement, laissé entrevoir de meilleurs avenirs. Et pourtant… Les autres, ceux qui ont besoin de boucliers humains pour avancer, se sont jetés sur eux, non pas pour les porter aux nues et pour les aider, mais pour les détruire. La peur ? Non. La prédation, la psychopathie inhérentes à l’une des espèces humaines, réalité qu’il faudra bien regarder en face, un jour ou l’autre, hein !

    Ensuite, jalousie et cupidité sont les mamelles des hommes. Et ça n’a rien à voir avec la peur. La peur a instauré en plus d’un naturel pas très jojo, un culturel pas très brillant : des croyances, des religions… Sur un terrain de jalousie, de cupidité et de prédation visibles à tous les étages de la pyramide, la peur est par conséquent un engrais qui fait pousser les plus mauvaises herbes. Si le terrain est de bonne composition (et il l’est parfois) , alors, la peur donne des ailes d’ange. Un problème s’ajoute, indépendant de la peur (c’est trop facile de déresponsabiliser les hommes), lorsqu’une tête dépasse, les hommes en masse veulent la faire tomber. Là, ce n’est pas de la peur. C’est la prédation, la psychopathie et la lâcheté inhérentes à la jalousie et à la cupidité.

    C’est l’esclave qui fait le maître. Et les maîtres se réjouissent de la veulerie des esclaves. Pour dépasser une peur, il faut une volonté, c’est beaucoup plus facile de se laisser aller au pire quand la nature n’est pas bonne. Quand la nature est bonne, il faut combattre en plus des maîtres, leurs chiens dressés.

    Finalement, si l’homme est si peureux, c’est qu’intuitivement, il se connaît bien, et connaît son pouvoir de destruction et mortifère. Il récolte ce qu’il a semé. Pas seulement en haut de la pyramide, ce serait si simple ! Dans le bas de la pyramide, certains reconnaissent bien leurs alter égo, perchés en haut, et rêvent d’y être aussi. Ce n’est pas la peur. C’est la nature fondamentale de la plupart des hommes : psychopathe.

    Je pense que c’est cela qui a toujours empêché un changement de paradigme : la nature psychopathe de la plupart des hommes. Elle est figée depuis que Cro Magnon, homme moderne, a éradiqué Néandertal. Chacun est une proie possible pour l’autre, au sens propre, au sens figuré. La société s’est logiquement construite sur ces bases.

  2. Tout à fait d’accord! ce constat je l’ai fait depuis l’âge de douze ans ….
    Maintenant à 37ans,je me dit que le meilleur que j’ai à faire, c’est de vivre le mieux possible ma vie, donner, partager,et discuter et gueuler quand je vois une injustice …
    Il y a en tant ! Peuples asservis, endormis,apologie de l’égoïsme ….que faire? faire de sa vie , le monde que l’on rêve ….
    Nous sommes nos propres créateurs, si seulement nous avions conscience de notre pouvoir…
    Chacun de nous est un dieu en puissance,il faut simplement le découvrir…

  3. Salut Robert,
    Globalement d’accord mais j’ai lu ta présentation (Pourquoi ce blog ?) et j’y ai trouvé trop de « je ».
    La force de l’oligarchie néo-libérale, c’est le lobbyisme, la conjonction d’intérêts particuliers organisés pour un maximum d’influence sur des structures politiques supposées sous contrôle d’une majorité citoyenne.
    La faiblesse du corps social, c’est l’aspiration à une citoyenneté individuelle, ou chacun est si convaincu de sa solution qu’il passe plus de temps à vouloir l’imposer à ses pairs qu’a développer avec eux une force collective.
    On est ainsi à front renversé: des oligarques à la culture individualiste qui ont découvert l’intérêt d’une action coordonnée et collective et une classe sociale sous domination qui cultive l’individualisme dans le vain espoir d’y trouver un peu de liberté.
    La solution ? S’engager d’abord pour la démocratie dans nos organisations (syndicats, partis, assos de défense) pour renforcer les effectifs, leur donner de la puissance, en faire de véritables outils de défense de nos intérêts de classe, quitte à y laisser un peu de sa liberté personnelle. C’est l’éternel problème rarement mis sur la table: Il faut choisir de s’engager, de perdre un peu de sa liberté et de son temps au profit de l’action collective pour ne pas se faire voler l’une et l’autre par ceux qui nous manipulent.
    C’est plus que de la prise de conscience: C’est reconstruire des armes contre le capitalisme, et tant pis si, ce combat terminé, il sera sans doute temps de réexaminer de près les règles que nous avons librement accepté dans une situation de guerre sociale.

    Guerre sociale: L’expression est lâchée. Ca fait peur, mais qu’est-ce d’autre et il arrive parfois que même les pacifistes doivent prendre les armes.

  4. Nous sommes régis par l amour et par la peur, notre peur est grande parce que nous avons tué notre moi profond, mais il ressusitera lorsque nous allons etre exposés à une situation extreme

  5. Tout a été fait pour terroriser les travailleurs de la planète. La propagande occidentale s’est accaparée le stalinisme, le maoïsme avec hystérie et n’a pas laissé la place à l’intelligence, la raison ni l’analyse. On a immédiatement joué de l’émotionnel pour que les éventuels révolutionnaires soient à tout jamais découragés et dégoûtés.

    Les membres de l’actuel PCF ne dépareillent pas et s’égosillent tout autant que les militants des autres partis dès lors que l’on évoque Staline et Mao.

    Aujourd’hui, le communisme est chargé de crimes et d’horreurs, aussi les gens refusent-ils d’entendre tout discours qui tendrait à vouloir convaincre de l’urgence à renverser le capitalisme et d’instaurer le socialisme marxiste-léniniste.

    La bonne attitude eût été que l’on discutât publiquement de la réalité soviétique stalinienne et chinoise maoïste. Aujourd’hui, on évoque les archives soviétiques; on ne dit rien d’éventuelles archives chinoises. Toujours est-il que depuis longtemps les anticommunistes décrivent l’horreur du goulag et des purges. Bien avant l’accès à ces archives. Et c’est à la louche qu’on décompte le nombre de morts liés à la terreur rouge du stalinisme et du maoïsme. Rien n’est assorti d’une analyse historique de la Russie et de la Chine. L’URSS a prouvé sa réussite économique puisqu’en moins de 50 ans elle a rattrapé le retard de sa très réelle arriération qui faisait d’elle un pays médiéval en 1917. Que dire de la Chine, qui fait sa révolution à la veille des années 50 et se voit devenue la 2ème puissance mondiale 60 ans plus tard. Alors qu’elle fut occupée par les colonialistes de tout pays, confrontée à des crises de famine (dont l’origine revient à l’ensemble de la colonisation, du fait des cultures coloniales, de l’épuisement des sols qui s’en est suivi et des modifications du climat à grande échelle, de l’Ouest africain au Sud-Est asiatique)…

    La lutte des classes n’était plus un phénomène national opposant exploités et exploiteurs. Elle était devenue guerres impérialistes dans et hors le contexte impérialiste. N’oublions jamais la colonisation 5 fois séculaire de l’Europe sur tout le reste du monde, ni les 2 guerres mondiales, exclusivement imputables à cette Europe plus les USA (ce pays devient la 1ère puissance mondiale en 45 et avait donc intérêt à ces 2 guerres).

    La révolution russe a lieu durant la 1ère guerre mondiale. La révolution chinoise démarre à la fin de la 2nde guerre mondiale. C’est dire si ces 2 guerres ont fort à voir avec ces 2 révolutions. Rappelons le bilan : 6 millions en 18, 50 millions en 45, avec l’épisode incroyable de l’univers concentrationnaire et de sa solution finale.

    Ce rappel n’a pas pour objectif d’opposer morts du capitalo-colonialisme vs morts du communisme, mais de décrire un contexte historique et de donner à voir les conditions de toute une époque.

    Les révolutions mettent en place, de façon violente, des pouvoirs de classe pour que la lutte des classes inverse dominants et dominés. Toute révolution déclenche une contre révolution qui est, aussi, un aspect de cette lutte des classes. Morts et violence continuent au lendemain de toute révolution… Ce sont les lois de l’Histoire.

    C’est Trotsky qui, le premier, dénonce le stalinisme. Il est soviétique et chef historique de la révolution bolchévique. Lorsque Kroutchev dénonce les crimes staliniens en 1956, il poursuit et conclut la 1ère dénonciation de Trotsky. Ces 2 dénonciations justifiant la propagande hystérique des USA et de la CIA.

    Cependant, on ne peut que constater une chose : l’URSS s’est effondrée. Le capitalisme a triomphé. 1991 n’est pas le point de départ de la victoire du capitalisme. Mais son point d’arrivée. De 17 à 91, communisme et capitalisme se sont opposés en URSS. Alors, les crimes dont on parle, étaient-ils communistes ou capitalistes? Toujours est-il qu’ils étaient bel et bien à mettre sur le compte de la lutte des classes.

    Finissons : l’objectif de l’Occident capitaliste est atteint : salir et discréditer la révolution ouvrière et populaire. Aujourd’hui, les gens ont réellement peur du communisme. Et c’est pourquoi ils esquivent et évitent les vraies solutions : l’écologie, la social-démocratie, le nationalisme raciste et fascisant, voire le populisme démagogique d’un président ultra libéral défenseur (sic!) du… pouvoir d’achat!!!

    Voilà exactement où nous en sommes : au coeur même d’une crise propre à abattre le capitalisme mais la frayeur des peuples à basculer dans ce qu’on s’est efforcé de leur inculquer : l’horreur stalinienne.

  6. Bonjour
    Cela fait maintenant pratiquement 1 an que je vous lis régulièrement car vous avez une analyse juste dans vos réflexions, une vrai conscience, un humanisme qui montre que l’on est pas tout seul à vouloir un meilleur avenir pour tout le monde!! Je tiens à vous en remercier d’ailleurs je me fais l’écho de vos sujets sur mon site!! Alors levons la tête et n’ayons plus peur!!! Merci et bonne continuation!!

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