CRISE OU ACCIDENT DU SYSTEME CAPITALISTE ?

L’idée d’une régulation de l’économie par le marché comporte des contradictions qui font douter de sa réalité. La conception politique et économique mise en œuvre par Sarkozy sous les directives d’A. Minc repose sur l’analyse des comportements d’agents économiques privés qui cherchent à maximiser leurs profits au moyen de leurs transactions marchandes. Cette politique économique est incapable de prendre en compte l’activité des entreprises comme lieux de mise en valeur du capital, elle méconnait le rôle du travail et celui de l’argent. Elle ne peut comprendre la crise comme aspect endogène de l’accumulation. Le rôle économique réel des marchés comme lieux de circulation du capital, est confondu avec leur caractère régulateur de l’activité économique. Le gouvernement Hollande continue, comme de bien entendue …

Il en résulte une méconnaissance du caractère de l’intervention économique de l’Etat, considérée comme une atteinte à l’autorégulation des marchés et donc de l’économie. Les orientations idéologiques sont claires « moins d’Etat, moins de services publics, plus de marchés », mais elles ne s’appuient pas sur une analyse du passé et du présent. On le constate en examinant la politique industrielle, et la politique économique et financière, qui sont discutées dans le contexte des mesures de déréglementation et de  dénationalisation.

Depuis la fin des années 1970, aux Etats–Unis et en Grande Bretagne, une des formes les plus spectaculaires de l’intervention étatique consiste à effacer certaines traces de son propre passé. Déréglementation des transports, démantèlements des entreprises publiques, vente d’une partie du capital des sociétés nationales à des actionnaires privés, allègement ou suppression des mesures de contrôle des banques et des institutions financières. Cette politique est inséparable du démantèlement de la classe ouvrière organisée en syndicats indépendants, affaiblie par la délocalisation industrielle internationale, et la dépréciation relative du facteur travail. Une nouvelle économie mondiale accentue et précipite le dépérissement relatif des Etats nationaux

Les dépenses publiques ne sont plus jugées que sur des critères d’utilité et de rentabilité. Les seules dépenses qui soient délibérément accrues sont les dépenses liées a la sécurité (intérieure et/ou extérieure ), justifiées par le besoin d’avoir un État fort, alors que dans le même temps, on permet le dépeçage de cet état par des groupes privés.

Les « fondamentalistes » libéraux admettent l’augmentation des dépenses militaires, mais aussi la réduction des dépenses sociales. Ce sont d’abord les ouvriers qui sont touchés, puis les autres catégories de salariés. Les récessions ou crises ne sont pas des problèmes, mais des solutions, elles font partie de la restauration des équilibres des marchés.

Cette conception fondamentaliste de la crise semble différer profondément de la loi de SAY, selon laquelle une crise générale est impossible.

Dans la théorie économique classique, l’offre et la demande sont censées s’ajuster de manière naturelle, si bien que ces crises apparaissaient comme des accidents plutôt que comme un élément du système.

Selon M. Friedman, il n’y a pas eu de crise inhérente au système économique, en 1929 et après. Un événement exogène s’est produit, une énorme erreur commise par un dirigeant de la Banque centrale américaine, qui fait partie de l’appareil d’Etat considéré comme extérieur à l’économie. Au lieu d’adapter l’offre de monnaie aux besoins des demandeurs, le dirigeant fautif en restreignit le volume, ce qui entraina l’effondrement des échanges, et enfin une crise générale.

Marx, pour sa part, considérait que l’offre et la demande ne s’ajustaient que de manière exceptionnelle.

Pour comprendre la dette des Etats, la crise du système capitaliste actuelle et l’instabilité des marchés, il est utile de lire la théorie de la marchandise chez Marx et son extension au capital réel, d’une part, et l’extension du capital réel au capital fictif en passant par le capital financier, d’autre part.

Écrit par A.K

Lire : LA LIQUIDATION DES BIENS PUBLICS EN FRANCE

« La culture… ce qui a fait de l’homme autre chose qu’un accident de l’univers »… André Malraux

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Une réflexion sur “CRISE OU ACCIDENT DU SYSTEME CAPITALISTE ?

  1. L’endettement actuel était inéluctable. Nos trente glorieuses se sont construites sur une énergie et des matières premières peu chères et sur l’absence de concurrence des pays émergents. En bref, nos croissance à deux chiffres était faite sur le dos des pays du Tiers-Monde.
    Aujourd’hui, l’énergie et les matières premières sont onéreuses, et les pays émergents, qui veulent leur part du gâteau (les salauds !) nous taillent des croupières …Donc le seul moyen pour maintenir notre niveau de vie, qui n’est pas amendable, ce fut l’endettement.
    En fait, on peut tourner le problème dans tous les sens, je ne vois pas de solutions pour maintenir notre niveau de vie, quelque soit le système politique qui nous gère.

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