LES FRANÇAIS, DES ENFANTS GATES ?

enfants

Les Français, ces enfants gâtés, ne prendraient pas leurs responsabilités. Si on est dans le pétrin, ce serait parce qu’on l’aurait choisi, accepté. Je connais bien cette petite musique : celle qui consiste, au nom du « sens de la responsabilité », à faire porter sur les Français le poids de ce qui leur arrive…

Dans les années 90, à l’époque où le chômage grimpait en flèche à la suite d’une politique monétaire désastreuse, cette musique culpabilisatrice était déjà jouée par les défenseurs de la libéralisation financière engagée la décennie précédente.

Qu’on se souvienne de cette note de la Fondation Saint-Simon, le think tank de la gauche « raisonnable », intitulée «La préférence française pour le chômage  ». Les Français, expliquait son auteur, Denis Olivennes, avaient implicitement choisi d’accepter un niveau de chômage élevé, prix à payer pour préserver leur modèle social. Puis a déferlé  l’idée que la France n’est pas capable de « s’adapter » au monde nouveau, préférant se lover dans ce qui lui reste de modèle social. Là encore, le remède suggéré passait par sang, sueur et larme.

Le débat sur la dette publique a remis au goût du jour la petite musique sacrificielle. Après tout, nous explique-t-on, c’est parce que les Français ont préféré se complaire dans un confort indécent (des retraites longues, les 35 heures, des services publics luxueux…) qu’ils lèguent à la génération suivante une dette insoutenable… La génération 68 est responsable, il est temps de renouer avec l’effort et le travail, de sortir de notre aveuglement collectif, bla-bla-bla.

Tous ces discours ont en commun de rendre le peuple responsable de politiques erronées qui ont profité le plus souvent aux Français les moins modestes de ce pays. Je ne crois pas que les chômeurs n’aient jamais acclamé la libéralisation financière dans les années 80. Je ne pense pas que les précaires aient glorifié la politique monétaire restrictive des années 90. Quant à la croissance de la dette, penser que les 50% des Français les plus modestes, qui se partagent seulement 6% du patrimoine, en sont responsables est assez risible… quand on sait que les 1% du haut de l’échelle détiennent désormais 24% des richesses.

Il n’y a pas plus de « préférence française » pour la dette qu’il n’y en a pour le chômage ou pour le retour des rentiers. Il y a des choix politiques erronés, mais – et c’est la bonne nouvelle – réversibles. Face à la gravité de la crise, c’est l’ensemble du lien social qu’il faut repenser, c’est un autre modèle de société qu’il faut inventer.

Source

« Le monde est dangereux à vivre ! Non pas tant à cause de ceux qui font le mal, mais à cause de ceux qui regardent et laissent faire »… Albert Einstein en 1921.

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6 réflexions sur “LES FRANÇAIS, DES ENFANTS GATES ?

  1. 10 FOIS TROP D ELUS ! -autant que l es autres pays de l ‘UE réunis!!!! 1O FOIS PLUS QUE LES USA !!!!!!!!!!!!!!

    cela grève notre budget car LE CUMUL CONTINIUE ET CA Y VA !!!! maire cd cr commissions tartampions 20000 EUROS PAR CI…….10000 EUROS PAR LA une ruine pour NOS FINANCES!!!!

  2. tout le problème la dedans, c’est que quelques « lumières » expliquent les phénomènes qui nous entourent, et la masse, le peuple, le troupeau ais-je envie de dire, n’en a rien a foutre ! (pardonnez mon impolitesse)
    La tv est un outil formidable pour contrôler les foules ! (lire articles du site traitant ce sujet), ça remplit la tête des gens et ils ne pensent plus a rien ! (si si..)

    Je suis un jeune et fréquente donc des jeunes, et quand je voit ce qui les intéresse, ce qui les fait réagir, ben je me dit qu’on est dans le caca jusqu’au cou…
    Un jeune aujourd’hui est très préoccupé par les besoins éphémères créés par le télémarketing, comme avoir le dernier iphone, ou des beaux habits, il ne pense plus a « comment ça marche la haut »

    Pire , ceux qui pensent aux choses comme ça (qui pensent tout court ais-je envie de dire) , dans les facs et autres, on les boycott direct, c’est des réac, des communistes (rendez compte? y veulent des services publiques, y veulent que les riches prennent moins aux pauvres, COMMUNISTES!)
    La politique est devenue tellement rédhibitoire pour les jeunes, que dès qu’on aborde le sujet ils fuient, car non concernés (en même temps, le seul moyen de « pression » qu’on a , c’est d’aller gueuler dans la rue, Brr les grands chefs doivent trembler de peur !)

    La lutte des classes existe depuis le début de l’humanité, et aujourd’hui avec nos moyens de communications immédiats, la classe dominante est plus organisée et a plus de pouvoir que jamais (et ça va aller de pis en pis avec le décryptage de notre inconscient (qui induit évidemment des manipulations))
    ex: sarko qui dit : travailler plus pour gagner plus. = un riche a du beaucoup travailler, un pauvre est un flemmard si il est pauvre (ben oui il serai riche sinon)= on accepte ce système sans penser qu’autre chose serai possible

    On pourrai se dire, pour pas déprimer, que plus tard, peut être, y aura un deuxième 1789,
    mais en 1789 ça a pété parce que les gens avaient pu a bouffer.
    Les classes dirigeantes ont vu cette limite a ne pas dépasser pour éviter l’insurrection VIOLENTE du peuple, la seule que ces dirigeants aient a craindre.

  3. De toute façon et même si je suis totalement d’accord avec cet article, il y a une réalité qui ne saute pas forcément aux yeux ; la société dans laquelle nous vivons est soutenue par nos comportements consuméristes. Alors oui, les décisions politiques sont en haut de l’échelle (supportées par la plupart des grands groupes industriels), mais nous participons tous à la bonne marche de ce système. C’est une espèce de « lobotomie », un formatage dès la naissance.

    Pouvons nous accepter le progrès sans perdre nos traditions ? j’en suis persuadé. C’est un problème « culturel et éducatif » ; je ne suis pas d’accord, je boycotte. JE vais prendre un exemple concret pour étayer mes propos :

    Voila l’article : http://www.novethic.fr/novethic/entreprise/environnement/coca_cola_en_inde_bataille_eau/120002.jsp

    Maintenant, suite à cette lecture et si je suis altruiste, pragmatique, le mieux serait d’arrêter de boire du coca. Mais combien de gens, même en ayant lu l’article feront quelque chose ? Tout le problème est la. Il faut se réveiller et comprendre que ce n’est pas l’état qui à le pouvoir, mais les citoyens. Il faut faire preuve d’une conscience « globale », ne pas voir le monde entre les murs de son appartement ou de sa maison. Il faut faire passer des messages, rejoindre des associations, faire des conférences pour informer mais surtout, il faut boycotter ce qui va à l’encontre de nos valeurs individuelles et collectives (on ne fait rien tout seul, encore moins bouger les choses).

  4. Bourgeoises? Ah les salauds, ils bouffent au resto du coeur, palpent le RSA ou le RMI et ils claquent leur blé sans même réfléchir.
    Ce sont des bourgeois de cas laid.

  5. Les français se sont laissé domestiquer par le confort du progrès technique et ont élevé des remparts pour protéger leurs petites vies bourgeoises. Les révolutions et les guerres étaient populaires lorsque la télé n’existait pas pour nous abrutir!

  6. Dit autrement, ça donnerait : le système économique qui est le nôtre est le capitalisme reposant sur l’exploitation sociale d’une classe (très majoritaire) par une autre (ultra minoritaire). Cette classe minoritaire, Marx l’appelait bourgeoisie. La classe majoritaire, il l’appelait ouvrière. Et on se retrouve donc dans cet angonisme bourgeoisie capitaliste ultra riche vs classe ouvrière étendue aux employés, techniciens, couches sociales longtemps épargnées. Car la crise capitaliste qui sévit depuis 40 ans appauvrit le corps social dans son ensemble et prolétarise les classes moyennes. Les Indignés US ont parfaitement résumé la situation en opposant le 1% aux 99%.

    Si le PS et les syndicats ou associations qui lui sont inféodés ne venaient pas au secours de la droite ultra libérale et du système économique, la crise aurait évolué depuis longtemps en affrontement de classe ouvert.

    Les gens ont peur de l’après, aussi s’accrochent-ils à l’espoir que le PS conduira une politique de changement par réformes indolores successives. C’est aussi le créneau pris par le Front de Gauche : créer l’illusion qu’en gueulant, l’oeil farouche, du haut d’une tribune, s’assimile à une volonté de changement. Il n’en est rien.

    Ce qu’il faut à la France et aux autres pays européens (et d’ailleurs), c’est un parti révolutionnaire engageant les travailleurs sur la voie de la lutte des classes jusqu’à la révolution totale et définitive. Ce qu’il faut dire à tous les travailleurs, c’est qu’une telle révolution risque d’être violente. Mais il n’y a pas d’autre voie. Il faut que le pays retrouve ses valeurs révolutionnaires pour renverser l’Etat des riches et des puissants.

    Le peuple le sait déjà mais il refoule l’angoissante perspective à devoir affronter, les armes à la main, l’ennemi de classe. Aussi, préfère-t-il se laisser bercer d’illusions, celles social-libérales du PS ou populistes pseudo ouvriéristes du Front de Gauche, grâce auquel le vieux PCF espère conserver ses élus et ses quelques privilèges.

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