L’ALIENATION DANS LE TRAVAIL

C’est le capitalisme industriel qui donne naissance à la conception moderne du travail. Avec le marché et le salariat, tous les travaux effectués doivent être comparés : le travail n’est plus seulement perçu comme une valeur d’usage, mais aussi comme une valeur d’échange. Ce processus se généralise dans nos sociétés ou le terme travail s’applique à d’autres activités que celles pour lesquels il était à l’origine réservé.

Marx rejette l’idée que l’humanité serait condamné à vivre « a la sueur de son front » dans des conditions d’aliénation jusqu’au terme de sa vie sur terre. L’aliénation au travail est seulement le résultat de forme d’organisation particulière : l’humanité peut se libérer, son travail peut-être libéré.

Ces conditions sont liées à la société capitaliste actuelle. Les salariés n’ont pas la liberté d’accès aux moyens de production et de subsistance fondamentaux, ils sont forcés pour vivre de vendre leur force de travail. Tout le temps vendu à l’employeur n’appartient plus au salarié. C’est l’employeur qui règne en maitre, qui dicte ce qui est produit, quand, comment et ou cela est produit.

Plus la productivité augmente, plus le temps de travail diminue et plus le contrôle de l’employeur se fera strict. Le patron veut contrôler chaque seconde passé à son service. Les produits du travail n’appartient pas à celui qui les produit, mais son la propriété de l’employeur. De plus, les produits fabriqués peuvent se retourner contre le salarié : des machines qui détruisent les emplois ou qui contraint le travailleur d’adapter le rythme de sa vie et de son travail à leur fonctionnement. Cette aliénation tend à transformer les relations entre les êtres humains en relation entre les choses

Pour toute personne qui vend sa force de travail, le travail n’est plus un moyen d’expression. Le travail n’est qu’un moyen en vue d’un but. Et ce but est de gagner de l’argent, un revenu, pour pouvoir acheter les biens de consommations nécessaires pour satisfaire ses besoins. Il est également obligé d’acheter ce qu’il a produit, car rien ne lui appartient.

Ainsi la capacité d’accomplir un travail créateur, qui est un aspect fondamental de la nature humaine, se trouve contrecarré et dénaturée. Le travail devient quelque chose qui n’est pas créateur et productif pour les hommes, mais quelque chose qui est nuisible et destructeur.

Il est possible d’envisager une société sans classe, ou grâce  à la disparition de la propriété privé des moyens de production et a l’élimination de la différence entre le travail manuel et le travail intellectuel entrainerai une transformation de la nature même du travail qui cesserait d’être une nécessité imposé pour gagner de l’argent . Il deviendrait une occupation volontaire par les gens, parce que cela correspondrait à leur besoin intimes et exprimerait leur talent

Cette transformation du travail en une activité humaine créatrice est le but ultime du socialisme pour lequel Marx s’est battu. C’est seulement quand ce but sera atteint que le travail aliéné, avec son cortège de souffrances cessera d’exister. Il faut changer la société pour repartir autrement les richesses et pour vivre autrement.

D’après un texte de Patrick LE MOAL

« Si tu ne participes pas à la lutte, tu participes à la défaite »… B. Brecht

lire ici , un peu plus de Marx and co

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4 réflexions sur “L’ALIENATION DANS LE TRAVAIL

  1. Le travail, vaste sujet! Le travail est exclusivement social et c’est par lui que l’humanité a transformé le monde à son profit. L’Histoire humaine est l’Histoire du travail. De cet âge où les hommes taillaient les pierres, habitaient des lieux précaires, à aujourd’hui, tout progrès l’a été par le travail de toute l’humanité, à commencer par les prolétaires de tous les temps : tracer routes et chemins, conquérir les forêts, en faire des prairies et un sol cultivable, travailler le sol, élever le bétail, transformer les matières premières en produits consommables. Au travail manuel, s’est adjoint le travail intellectuel : le développement de la science, l’accumulation du savoir, la maîtrise de techniques toujours nouvelles, tout cela a constitué ce que l’on nomme le progrès.
    Construire, soigner, enseigner, informer, nourrir, passer du char à boeufs à l’automobile et au camion, la traversée des mers et des océans toujours plus sûre et plus rapide, l’invention de l’avion, la maîtrise de l’air, des espaces et du temps, voilà les résultats du travail humain, fondamentalement social.
    Le travail libère, le travail est émancipateur, il est facteur de progrès, d’intelligence, de savoir-faire, il relie les travailleurs entre eux, il contient en lui la solidarité et l’inter dépendance. Il est porteur créateur de valeurs hautement morales. Il transmet ses réalisations aux générations suivantes, il nécessite du courage, de l’abnégation, de la volonté, de la ténacité.

    Mais de tous temps, le travail s’est réalisé dans des conditions sociales de production qui ont rendu le travail pénible, ingrat et contraignant. Il devient très vite un motif d’exploitation sociale et d’oppression. La société s’organise de manière inégalitaire entre des possédants propriétaires et des non possédants prolétaires. Les premières sociétés sont esclavagistes et les esclaves sont la propriété des maîtres, lesquels ont tous les droits sur leurs esclaves. L’esclave est à ranger avec le cheval, le boeuf, le porc et la poule. Il est un animal de somme, humain mais animal. Le maître a même droit de vie ou de mort sur son esclave. Il arrive qu’on enchaîne proprement les esclaves et qu’on les fasse travailler à coups de fouet.
    Le servage n’améliore pas vraiment les conditions de vie et de travail des serfs. Ils ne sont plus la propriété du seigneur, mais ils sont bien obligés de travailler pour lui pour survivre. Le serf crée les richesses par son travail et le seigneur se sert en premier, laissant ce qui reste aux serfs. Le serf est soumis à l’impôt, le seigneur en est exonéré.
    Le salariat oppose le patron propriétaire à l’ouvrier salarié. Le travail salarié fabrique, le patron capitaliste s’enrichit en engrangeant la plus-value à son seul profit. Plus il réduit le salaire, plus le profit est important. C’est pourquoi les ouvriers ont dû aux 19ème et 20ème siècles s’organiser pour obtenir satisfaction à leurs nombreuses revendications. Il y eut des grèves, des manifestations, des affrontements, la police ou l’armée intervenant toujours aux côtés des patrons contre les ouvriers. Mais le prolétariat parvint à conquérir des droits : d’association et d’organisation, les mutuelles, les jours de congé hebdomadaires, la réduction du temps de travail, la scolarisation des enfants jusqu’à 14 ans, le droit de manifestation, le droit de vote, les congés payés, la sécurité sociale et la retraite.

    On parle d’aliénation parce que le salarié est contraint, surveillé, sous l’autorité du patron; il doit respecter tout un ensemble d’ordres et de consignes qui va de la tenue vestimentaire à la nationalité, l’opinion. Le salarié syndiqué et actif risque de très gros ennuis, quand le salarié docile et soumis, mieux vu, n’est pas à l’abri des décisions patronales le concernant.

    Le patron est propriétaire, le salarié lui est son subordonné obéissant. En cas de conflit, la police et l’armée, sous prétexte d’ordre public, interviennent dans le sens patronal; elles matraquent et répriment les travailleurs. Toujours. L’Etat, c’est-à-dire la société dans son ensemble, est cet instrument de coercition d’une classe sur une autre. Le salarié est un citoyen qui jouit de beaucoup moins de droits que son patron. En dehors du lieu de travail, le citoyen salarié continue à être opprimé comme une redondance à son exploitation. Aujourd’hui, le patron peut décider de mettre ses salariés au chômage, c’est-à-dire de l’exclure de l’entreprise. Ce faisant, le citoyen chômeur ex salarié est exclu de la société ou du moins maintenu à la marge, décrié, décrit comme une charge, un poids lourd, un poids mort.

    Le chômage est l’autre aspect de l’aliénation dans le travail. Il intervient suite à une décision arbitraire, appauvrit aussitôt le salarié chômeur, le place dans une situation sociale et familiale précaire. Les conséquences psychologiques sont énormes, le chômeur se déprécie lui-même et se culpabilise. Le chômage est le moyen d’exercer un fort chantage sur les salariés exerçant un travail : ils ont intérêt à se tenir tranquilles et obéissants, sinon, la porte.

    Et toute la société agit dans le même sens d’aggraver les conditions de vie du chômeur et de travail du travailleur. Y compris les hommes politiques de la plupart des partis, entre promesses jamais tenues et réalisme de dernière minute.

    C’est bien cette aliénation dans et par le travail qui bientôt conduira les travailleurs et les chômeurs à se révolter, renversant l’ordre existant, ou plutôt le désordre existant, pour fonder une société plus juste et plus humaine.

    • Très bien dit, mais quelle est votre proposition d’organisation humaine alternative ? N’y aura t-il pas quelle que soit l’époque des tâches à réaliser qui seront considérées comme dégradantes ou plus ‘basses’ que les autres, et qui sont pourtant nécessaires pour que d’autres puissent se consacrer à des activités ‘intellectuelles’ génératrices de progrès (quoique pas forcément, il suffit de voir ce que font nos meilleurs ingénieurs aujourd’hui, embauchés par la finance) ? Quelle est la valeur pour la société de tel ou tel travail ? Peut-on supprimer la notion de chef, de directeur, de patron pour organiser le travail ? Voilà des pistes de réflexion, on peut dénoncer mais il faut aussi proposer quelque chose qui tienne la route…

  2. La vision libérale du travail est la forme moderne de l’esclavage où les maitres blancs sont le MEDEF et le CAC 40 et les nègres corvéables à merci sont les travailleurs. Les usines et entreprises sont les nouveaux champs de coton !

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