LES POLITIQUES D’AUSTÉRITÉ : C’est quoi la déflation ?

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Pour le commun des mortels, l’inflation exprime la hausse régulière des prix à la consommation, réduisant le pouvoir d’achat ; d’où la nécessité de la hausse du revenu, et particulièrement du salaire, pour, au moins, compenser la perte de pouvoir d’achat.

C’est quoi alors la déflation ? Une définition simple, correspondant à la conception que peut avoir le commun des mortels, est la suivante : « La déflation est le gain du pouvoir d’achat de la monnaie qui se traduit par une diminution générale et durable des prix ; c’est une inflation négative » (Insee).

Ces définitions n’expliquent pas les mécanismes à l’œuvre et peuvent donner lieu à confusion, voire à des conclusions erronées. Par exemple, si on considère la déflation comme une simple baisse des prix, on pourra considérer qu’elle est utile au monde du travail, surtout dans les périodes de faible progression, stagnation, voire baisse des salaires et des pensions de retraite, comme c’est le cas actuellement, car la baisse des prix va améliorer leur pouvoir d’achat.

Il se trouve que ce gain apparent du pouvoir d’achat, du fait de la baisse des prix, est lié à des mécanismes plus fondamentaux, mettant en péril l’emploi, l’investissement et la production. C’est ce qui s’est passé, par exemple, entre les deux guerres mondiales. C’est aussi ce qui risque de se produire en Europe. Le risque est d’autant plus sérieux que certains pays européens comme la Grèce ou l’Espagne se trouvent déjà dans une spirale déflationniste.

La déflation pèse aussi sur les revenus. Même si les salaires ne sont plus indexés sur les prix, l’évolution des prix est un élément qui entre dans les négociations salariales. Les employeurs en profitent pour s’opposer à la hausse des salaires dans le secteur privé, tout comme à la hausse des traitements dans la fonction publique ou celle des pensions pour les retraités.

Côté entreprises, la baisse des prix signifie la baisse des recettes de vente, même si le volume de la production reste inchangé. On pourrait avancer que la baisse des prix conduit aussi à la baisse des coûts de production. Une telle éventualité ne peut pas être écartée. Mais la baisse des prix de production va accentuer la pression sur les salaires, ou sur les fournisseurs ce qui revient au même, pour compenser les pertes.

Enfin, la déflation réduit aussi les recettes de l’État, ce qu’a signifié le ministre des Finances en annonçant les chiffres « décevants » de la croissance lors de sa conférence de presse du 10 septembre 2014.

Dans un contexte de déflation salariale et de chômage massif et persistant, la crise financière de 2008 provoque une récession, un recul de l’activité économique dans plusieurs pays à travers le monde, et particulièrement en Europe et singulièrement dans la Zone euro.

La chute de l’emploi et de l’activité économique dans de nombreux pays européens a aggravé les comptes publics, augmentant le déficit budgétaire et la dette des États. La poursuite du dogme libéral a conduit à la mise en place des politiques d’austérité pour soi-disant améliorer les comptes publics et réduire le déficit budgétaire et la dette publique.

Contrairement aux promesses entretenues lors de l’application de ces politiques, ces dernières ont pesé davantage sur l’emploi et l’activité économique. Le chômage, la précarité et la pauvreté se sont rapidement développés, notamment dans les pays du sud de l’Europe.

En France, le système de protection sociale a permis d’amoindrir l’ampleur du recul de l’activité économique. Mais le dogme du respect des critères de Maastricht, et particulièrement l’objectif d’atteindre l’équilibre budgétaire à l’horizon 2017, a aggravé la situation.

D’après un document du pole économique de la CGT

Voir : LES POLITIQUES D’AUSTÉRITÉ : Désinflation ou déflation salariale ?

« L’égalité n’existe que lorsque chacun produira selon ses forces et consommera selon ses besoins. »… Louis Blanc

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