LANÇONS LE DÉBAT : Le moteur Pantone, Mythe ou Réalité ?

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Pantone, c’est le nom de Paul Pantone, un inventeur américain qui donna son nom à son moteur dans les années 1980, après avoir déposé un brevet qu’il laissa accessible au public. Le principe est (comme souvent) très simple : un mélange constitué de 80 % d’eau et de 20 % d’essence est chauffé par les gaz d’échappement. Les vapeurs ainsi créées passent dans un réacteur qui les transforme en un « gaz Pantone » lui-même envoyé dans le moteur, en lieu et place du traditionnel mélange d’air et de carburant.

En d’autres termes, le moteur Pantone utilise de l’eau pour limiter les pertes de rendement, en réinjectant de l’énergie dans le moteur. On peut lire un peu partout que les résultats sont prometteurs : 25 % d’économie de carburant, baisse de la pollution, diminution du bruit, longévité accrue… La liste est longue.

Ça, c’est pour la théorie. La pratique se révèle bien différente. Disons-le tout net : le moteur à eau n’existe pas. Les partisans du moteur Pantone prétendent utiliser l’hydrogène de l’eau afin de recréer un « orage » dans un tube dans lequel se croisent le mélange et l’air, ce qui aurait pour conséquence d’électriser l’eau : c’est le gaz Pantone. Ce plasma ainsi créé est pour le moins singulier : la température nécessaire pour l’apparition d’un tel phénomène est de l’ordre de plusieurs milliers de degrés au minimum, soit beaucoup moins que tout gaz d’échappement.

Si le principe scientifique reste très flou, d’autres conséquences laissent encore plus songeur. D’une part, modifier son moteur de la sorte est dangereux, et illégal. Il faut prévenir la Direction régionale de l’industrie, de la recherche et de l’environnement (DRIRE) avant toute modification, en concertation avec le constructeur. L’article R.106 du Code de la Route dispose en effet que « tout véhicule isolé ou élément de véhicule ayant subi des transformations notables est obligatoirement soumis à une nouvelle réception ». En cas d’infraction, le conducteur s’expose à plusieurs peines, par rapport aux articles R238 et R241 du Code de la Route , pour chacune desquelles il encourt plusieurs centaines d’euros d’amende.

D’autre part, les mesures effectuées pour étayer la thèse d’une pollution et d’une consommation moindres sont contestables. Le plus souvent ce sont des bricoleurs qui testent eux-mêmes leurs moteurs, sans se référer au moindre standard, et pour cause : il n’en existe aucun. Ainsi tous les tests sont plus ou moins biaisés selon que les bricoleurs croient en ce moteur, ou non. Des lycéens ayant étudié ce réacteur ont publié un tableau de mesures de polluants, réalisé dans un centre de contrôle technique : on y voit moins de monoxyde de carbone, mais la part d’hydrocarbures est éminemment plus importante. En 2005 le magazine AutoPlus a également passé au banc d’essai des moteurs de BMW 520i modifiés, les journalistes ont constaté une baisse de la consommation et une hausse de la pollution, tout en soulignant le comportement chaotique du moteur. Un autre magazine, Action Auto Moto, a réalisé d’autres essais en 2006 et a donné une conclusion inverse, soulignant le fait que ce moteur est « bidon » en termes de consommation !

La plupart du temps les moteurs modifiés par leurs soins sont de vieux modèles ou bien des moteurs de tondeuse à gazon . Sur ces appareils rudimentaires, il est très facile d’obtenir des modifications spectaculaires puisqu’ils sont à la base, extrêmement polluants et gourmands. Mais il semble qu’aucun bricoleur ne soit encore assez téméraire pour tenter de modifier un moteur dernier cri. A suivre…

D’après un article de F.GOUBET

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