LE CAS SORAL, LA CASSEROLE !

t-soraleSoral est suffisamment habile pour saupoudrer ses diatribes de réflexions apparemment progressistes et de critiques relativement pertinentes de divers groupes politiques ou de

phénomènes de société comme le communautarisme. Ce faisant, il espère endormir la vigilance de son auditoire et, ainsi, faire passer «en fraude» sa camelote d’extrême-droite.

Soral a compris que, s’il veut «ratisser large», il doit avoir un discours flou et changeant, et savoir «s’adapter à son public». Cette faculté d’adaptation lui permet, certes, d’espérer rencontrer du succès au-delà des seuls nostalgiques du IIIè Reich et des admirateurs du fascisme Mussolinien… mais c’est au prix de ridicules pirouettes théoriques et pratiques.

Soral conseille de lire « le programme économique » du Front National. C’est sans doute en qualité de «marxiste» que Soral qualifie le FN de «mouvement qui évolue vers la vraie gauche, la gauche sérieuse, la gauche économique» , voici en vrac : «libérer au maximum l’entreprise des contraintes de toute nature qu’elle subit», «libérer le travail et l’entreprise de l’étatisme, du fiscalisme et du réglementarisme », «renégociation de la durée hebdomadaire du temps de travail par branches d’activité», «simplifier le Code du travail», «développer les régimes de retraite complémentaire par capitalisation», «obtenir des économies budgétaires en réorganisant la Fonction Publique, par le non-remplacement d’une partie des départs en retraite».  Avec une telle conception de la «gauche économique», il n’est pas étonnant que Soral puisse dénoncer la «société d’assistanat» tout en continuant à se prétendre «marxiste» !

Soral définit la France comme un «régime totalement policier et totalitaire»… où les flics «n’ont plus aucun pouvoir» depuis  très longtemps» ? La contradiction est évidente, mais Soral espère probablement séduire les jeunes de banlieue et une partie de l’extrême-gauche avec sa rhétorique pseudo-libertaire et anti-keuf, tout en rassurant ses soutiens (et souteneurs) d’extrême-droite avec un discours plus traditionnel sur le thème de l’autorité qui n’est plus respectée. Soral se plaît à répéter que le Système «divise pour mieux régner» : c’est indéniable…

Soral lui-même suit ses propres conseils et divise pour mieux régner ! Après avoir fait des maghrébins des boucs-émissaires, il leur conseille de se retourner contre les nouveaux arrivants en France et, au passage, il se dédouane de ses propres responsabilités en accusant le «Système» d’être à l’origine de leur stigmatisation. Le plus amusant est que les fafs applaudissent ces propos d’Alain Soral ! Les mêmes qui, en d’autres circonstances, mettent en avant l’existence d’un racisme anti-blanc pour convaincre les électeurs d’accorder leurs suffrages à l’extrême-droite… Bonjour l’hypocrisie !

Soral se dit «révolutionnaire», en période de crise économique, ça passe mieux que «contre-révolutionnaire» ou «royaliste»… mais il s’agit de «révolutionnaire» bien particulier : un «révolutionnaire» qui est un anticommuniste primaire, qui soutient les contre-réformes et qui dénonce les grévistes. Et pendant que certains fachos se réclament de Che Guevara, d’autres découvrent les situationnistes…  Des identitaires se prétendent même «enfants de la Commune et du 6 février 1934». Soral se livre à cet exercice en se réclamant notamment de «Michéa». On le comprend : pour réussir la prouesse de défendre ouvertement une fraction du patronat tout en restant «marxiste-compatible», il fallait au moins la caution d’un intellectuel qui se réclame du Socialisme, et pas de la «gauche» : dans l’esprit de Michéa, ce n’est pas la même chose… c’est même antinomique. Et bien sûr ne pas oublier Friedrich Wilhelm Nietzsche, très important, des références Nietzschéenne, ça en impose ! Pauvre Nietzsche récupéré par Soral !

Soral ressort également une ruse habituelle du fascisme pour servir de «paratonnerre» à la bourgeoisie en temps de crise économique : il dénonce régulièrement et avec insistance le «capitalisme financier spéculatif» et la «finance mondiale spéculative», espérant que les exploités ne s’apercevront pas que le problème est plus global et que c’est toute la société de classe (Alain Soral compris) dont ils doivent se débarrasser.

Soral  par ses diatribes se fait passer pour un type qui ose s’en prendre aux «puissants» alors qu’elles ont pour fonction objective, en ne visant que des personnalités à l’origine ethnico-religieuse (supposée !) commune, d’épargner la bourgeoisie dans son ensemble en détournant le prolétariat des approches strictement «classistes». Dit plus clairement, pour Soral, les Français sont des cons, et au final c’est bien un représentant d’extrême droite qui fait passer son venin réactionnaire en le prétendant «ni de gauche, ni de droite».

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