LE 10 JUILLET 1940

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Ce jour, dans le casino de la ville d’eaux de Vichy, la Chambre élue en 1936 sous les couleurs du Front Populaire vote les pleins pouvoirs au maréchal Philippe Pétain…

Seuls 670 (sur les 907 parlementaires) prennent part au vote (426 députés et 244 sénateurs), en effet, 176 parlementaires sont absents dont 27 sont à ce moment-là en mer, embarqués le 21 juin du port du Verdon en aval de Bordeaux, vers Casablanca sur le paquebot Massilia (26 députés et un sénateur) ainsi que « 17 parlementaires décédés et un grand nombre se trouvant, à cause de la guerre, dans l’impossibilité de rejoindre Vichy ou ne souhaitant pas s’y rendre ». 61 parlementaires communistes (60 députés et un sénateur) ne peuvent siéger : depuis le 16 janvier 1940, ils sont déchus de leur mandat à la suite du pacte germano-soviétique et du décret-loi d’Édouard Daladier du 26 septembre 1939 interdisant le Parti communiste. La séance est présidée par le président du Sénat, Jules Jeanneney (qui ne prend pas part au vote en raison de sa fonction).

80 parlementaires votent contre et 20 autres s’abstiennent. C’est la fin de la IIIe République et le début de ce qu’on appelle le « régime de Vichy ».
Pierre Laval, vice-président du Conseil, s’est chargé de lire devant les députés la lettre du maréchal demandant les pleins pouvoirs en vue de préparer une nouvelle Constitution. Pétain lui-même a veillé à ne pas se présenter devant « ces gens-là » qu’il méprise. Sitôt le vote acquis, la Chambre est dissoute et le nouveau chef de l’État, outrepassant la mission qui lui a été confiée, s’arroge les pleins pouvoirs. Il entame à 84 ans une carrière de dictateur.

Le Maréchal fait très vite l’objet d’un véritable culte de la personnalité. Beaucoup de sommités se retrouvent aux côtés du vainqueur de Verdun avec l’espoir de régénérer le pays grâce à une « Révolution nationale »…La suite est une autre histoire !

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