AUTOMOBILE : LA CHINE PREMIER PRODUCTEUR MONDIAL

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Chine et autres BRIC ont continué d’être en 2013 la zone géographique où les constructeurs automobiles ont augmenté le plus leur production et accumulé le plus de profit. Pour l’industrie automobile mondialisée, la Chine constitue un cas singulier, tant du point de vue de la taille de ce pays continent, que des liens qui se nouent entre entreprises chinoises et firmes impérialistes.

Dans le domaine de l’automobile, la Chine n’est pas l’atelier du monde. La production d’automobiles chinoises, durant les dix dernières années, est essentiellement destinée aux ventes en Chine. En 2013, seulement 5 % du total des voitures produites en Chine a été exporté alors que le rapport est de 50 % pour la Corée du Sud. Les exportations d’automobiles chinoises ne représentent que 1 % du total des voitures exportées dans le monde. La Chine n’est pas non plus un débouché très significatif pour les voitures fabriquées dans les usines européennes ou nord-américaines puisque les voitures importées n’y représentent que 5 % du total des ventes. Rapportées à la taille du continent Chine, production et ventes d’automobiles ont fait de la Chine le premier pays producteur du monde, atteignant 7 millions de véhicules en 2013.

Aujourd’hui, la fraction la plus aisée de la population chinoise qui peut acheter des voitures neuves n’est qu’une petite minorité. Il y avait en Chine, en 2011, 68 voitures pour mille habitants, dix fois moins qu’aux États-Unis (800 voitures pour 1 000 habitants) et en Europe (600 pour 1 000). L’automobile y est pourtant déjà facteur de la dégradation de l’environnement, et les dégâts en sont suffisamment ressentis pour que les autorités politiques chinoises restreignent par les prix l’usage de l’automobile. Pour ce faire, il a été mis en place un système de quota de nouvelles plaques d’immatriculation (environ 10 000 plaques sont mises en vente aux enchères chaque mois dans la ville de Shanghai). Une plaque est ainsi nécessaire pour acheter une voiture neuve comme une voiture d’occasion. Et les prix sont dissuasifs à la mesure des ségrégations recherchées : 15 000 dollars pour obtenir la plaque d’immatriculation d’une voiture moyenne aux enchères de la ville de Shanghai en mars 2013 !

La production de ce bien de luxe, au regard des conditions de son usage en Chine, mobilise une force de travail très nombreuse. L’OICA évalue à 1 600 000 le nombre de salariés travaillant dans le secteur de la construction automobile. Les salaires de la main-d’euvre ouvrière progressent de 20 % par an en moyenne, et plus rapidement dans les régions les plus actives. Les conditions objectives du travail dans les usines automobiles favorisent partout les capacités d’organisation et de résistance des travailleurs. On se souvient comment dans l’usine de Foshan (province de Guangdong) les fournisseurs de Honda avaient dû accorder des augmentations d’au moins 30 % à la suite d’une grève en 2010.

Recette classique, suite aux augmentations de salaire obtenues et concédées, une nouvelle pression sur les salaires s’exerce grâce à des implantations industrielles dans les régions continentales de la Chine, là où les salaires peuvent être moins élevés en fonction des rapports de forces sociaux, qu’ils s’expriment directement ou non. Et après la Chine, de nouveaux territoires de conquête se présentent en Asie pour l’industrie automobile, en premier lieu l’Inde et l’Indonésie.

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