POUR UNE SORTIE DE CRISE FAVORABLE AU PLUS GRAND NOMBRE

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La réduction du déficit public n’est pas un but en soi. En effet, dans certaines circonstances, il peut être justifié pour relancer l’activité économique et réaliser des dépenses afin d’améliorer les conditions de vie des victimes de la crise. Une fois l’activité économique relancée, la réduction des déficits publics doit se faire, non pas en réduisant les dépenses sociales publiques, mais par la hausse des recettes fiscales, en luttant contre la grande fraude fiscale et en taxant davantage les revenus des grandes entreprises, le patrimoine et les revenus des ménages riches, les transactions financières… Il est d’ailleurs parfaitement possible d’augmenter les recettes des taxes et impôts, tout en diminuant la charge qui pèse sur les revenus et le patrimoine des 50 % d’en bas.

Pour réduire le déficit, il faut aussi réduire radicalement les dépenses entraînées par le remboursement de la dette publique, dont la partie illégitime, insoutenable, odieuse et/ou illégale doit être annulée. La compression des dépenses doit aussi porter sur le budget militaire ainsi que sur d’autres dépenses socialement inutiles et dangereuses pour l’environnement (constructions de nouveaux aéroports, de nouvelles infrastructures autoroutières…).

En revanche, il est fondamental d’augmenter les dépenses sociales, notamment pour contrecarrer les effets de la dépression économique. Il faut également accroître les dépenses dans les énergies renouvelables et dans certaines infrastructures comme les transports en commun, les établissements scolaires, les installations de santé publique. Une politique de relance par la demande publique et par la demande de la majorité des ménages génère également une meilleure rentrée des impôts.

Au-delà, d’une politique de relance de l’emploi et de l’économie, la crise doit donner la possibilité de rompre avec la logique capitaliste et de réaliser un changement radical de société. La nouvelle logique à construire devra tourner le dos au productivisme, intégrer la donne écologique, éradiquer les différentes formes d’oppression (raciste, patriarcale…) et promouvoir les biens communs.

Un État doit pouvoir emprunter afin d’améliorer les conditions de vie des populations, par exemple en réalisant des travaux d’utilité publique et en investissant dans les énergies renouvelables. Certains de ces travaux peuvent être financés par le budget courant grâce à des choix politiques affirmés. Des emprunts publics pour des projets de plus grande envergure, peuvent être envisagé, comme  par exemple pour passer du « tout automobile » à un développement massif des transports collectifs respectueux de l’environnement, pour fermer définitivement les centrales nucléaires et leur substituer des énergies renouvelables, pour créer ou rouvrir des voies ferrées de proximité sur tout le territoire, en commençant par le territoire urbain et semi-urbain, ou encore pour rénover, réhabiliter ou construire des bâtiments publics et des logements sociaux en réduisant leur consommation d’énergie et en leur adjoignant des commodités de qualité.

Il convient de définir une politique transparente d’emprunt public : 1. la destination de l’emprunt public doit garantir une amélioration des conditions de vie, rompant avec la logique de destruction environnementale ; 2. le recours à l’emprunt public doit contribuer à une volonté re-distributive afin de réduire les inégalités. C’est pourquoi il faut que les institutions financières, les grandes entreprises privées et les ménages riches soient contraints par voie légale d’acheter, pour un montant proportionnel à leur patrimoine et à leurs revenus, des obligations d’État à 0 % d’intérêt et non indexées sur l’inflation ; le reste de la population pourra acquérir de manière volontaire des obligations publiques qui garantiront un rendement réel positif (par exemple 3 %) supérieur à l’inflation. Ainsi, si l’inflation annuelle s’élève à 3 %, le taux d’intérêt effectivement payé par l’État pour l’année correspondante sera de 6 %.

Une telle mesure de discrimination positive (comparable à celles adoptées pour lutter contre l’oppression raciale aux États-Unis, les castes en Inde ou les inégalités hommes-femmes) permettra d’avancer vers davantage de justice fiscale et vers une répartition moins inégalitaire des richesses.

Par ailleurs, il faut que la banque centrale de chaque pays et la BCE (dans le cas des pays membres de l’Eurozone) financent le budget de l’État à un taux d’intérêt proche de zéro.

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