RECUL SOCIAL, OU EN SOMMES NOUS ?

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Dans la mise en œuvre de sa stratégie, la grande bourgeoisie française ne cesse d’aller plus loin dans tous les domaines du recul social. Si elle procède à des adaptations qui tiennent compte de l’évolution de la crise, ses objectifs demeurent fondamentalement les mêmes. Une seule chose progresse, la recherche effrénée des  profits. Et de quelle façon ! Mais c’est bien le but recherché.

Ceci est parfaitement mis en lumière par les différents magazines économiques qui accumulent les superlatifs : « explosion des profits », « fantastiques profits », « véritable feu d’artifice », « année de tous les profits ». Pendant ce temps, les travailleurs et l’ensemble des salariés subissent de plein fouet les conséquences des choix imposés par le grand capital et les gouvernements successifs. Pour les salariés, pour la masse des gens, c’est l’austérité atteignant pour certains l’intolérable.

Oui c’est bien l’austérité et le déclin, contreparties des choix opérés en faveur du profit et des facilités accordées au capital. Oui, il en résulte tout un ensemble d’agressions sociales, on nous oppose les uns aux autres pour la plus grande tranquillité de nos exploiteurs. Les politiques menées le sont contre l’emploi, contre le pouvoir d’achat, elles sont le fruit du recul social. Durant ces années, cette politique a été menée sous des habillages successifs : assainissement, modernisation, puis, adaptation aux contraintes extérieures.

Aujourd’hui, c’est au nom de l’Europe que patronat et gouvernement la poursuivent. Mais cette fois il ne s’agit plus seulement d’un prétexte. C’est un objectif concret, qui se met en place, et interfère de plus en plus sur la réalité économique et sociale de notre pays. Comment dissocier par exemple au niveau de la fiscalité ce qui se fait contre les petits gens et les salariés de ce qui est fait pour le bénéfice du capital français ? Qu’en est-il de l’ « harmonisation fiscale » projetée au niveau européen ? Au profit de qui se fera-t-elle ?

Il est étonnant de constater que les mêmes balivernes sur « le coût du travail cher » et « le coût des services publics » véhiculées par les médias et reprises par les organisations patronales continuent à avoir de l’audience parmi la population. Les citoyens de ce pays ne se rendent-ils pas compte que ce discours est construit contre eux, qu’il sert à les culpabiliser afin de leur faire accepter de nouvelles régressions sociales ? Les salariés de ce pays veulent-ils réellement travailler plus pour gagner moins et dire adieu à toute protection sociale ? Sont-ils prêt à faire des sacrifices afin de remplir un peu plus les caisses du patronat, et à ne rien laisser à leurs enfants, contrairement à nos anciens qui se sont battus pour nous ?

En diminuant l’impôt des plus riches, en majorant la contribution des couples salariés, en assujettissant à l’impôt les Français les plus pauvres qui en étaient  exonérés, c’est bien aux exigences de la grande bourgeoisie française que répondent celles de la construction européenne avec la complicité de notre personnel politique. Des services publics détournés de leur vocation naturelle qui est d’être au service des gens et de leurs besoins, démantelés, reconvertis en fonction des intérêts du grand capital. Les statuts annihilés, l’emploi public décimé. La recherche réduite à la portion congrue, asservie à la rentabilité financière, à la recherche du profit. La culture bradée, la création soumise à la concurrence sauvage des sous-produits américains, par des mesures comme celle qui fait disparaître les quotas de 60 % d’œuvres européennes sur les télévisions des pays d’Europe.

C’est donc bien en se servant du prétexte de l’Europe que le grand capital et les gouvernements successifs mettent en place aujourd’hui une véritable agression généralisée contre les classes populaires. L’Europe qu’ils veulent en vérité, c’est  une Europe faite sur mesure pour favoriser   la valse des OPA, des licenciements et des délocalisations. Dans cette Europe du fric, des entreprises, des villes, des régions, peut-être des pays seront sacrifiés. Mais au-delà des contradictions, des rivalités, des affrontements entre capitalistes, dans cette jungle où régnera la loi du plus fort, le gibier ce sera avant tout les salariés.

Au nom de la dette, impératifs économiques et compétitivité sont autant de prétextes pour de bons apôtres qui ne pensent qu’à liquider au nom de l’Europe des conquêtes sociales qu’ils n’ont jamais digérées. Il s’agit bel et bien d’éliminer tout ce qui peut entraver la course à des profits toujours plus grands, dont les capitalistes ne sont jamais rassasiés. Malgré les dizaines de milliards de cadeaux de toutes sortes, P.Gattaz, le Président du Medef demande maintenant 100 milliards supplémentaires. Ils n’en auront jamais assez, il est temps de réagir, il est temps de dire stop ! Se battre ou mourir ne seront bientôt que les seules alternatives !

YAN HAMAR d’après un article paru ici

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