UNE MONNAIE COMMUNE POUR RESISTER AUX SPECULATEURS

tour eiffel

Moi je veux bien qu’on sorte de l’euro, mais à condition qu’on m’assure que les spéculateurs n’attaqueront pas la monnaie de mon pays, voire ne la couleront pas, pour nous  » punir  » de nous écarter du dogme ultra libéral. Or, à ce sujet j’ai des doutes … Une monnaie commune, et non unique, ne serait-elle pas une meilleure solution ? Je trouve assez peu démocratique et un peu violent de supposer le problème résolu, en escamotant le débat approfondi qui s’impose. Maintenant si on me démontre 1° que la spéculation peut être jugulée efficacement et 2° qu’il n’y a pas d’autre solution en matière monétaire, je veux bien me laisser tenter…

Mais, à ce jour, cette démonstration n’a pas été faite de façon certaine. Et les  179 autres nations  qui gardent précieusement le contrôle de leur monnaie nationale, et bien, tant que ces pays ne remettent pas en cause le système, leur monnaie n’est pas attaquée. S’ils essaient, leur monnaie est en danger. C’est pourquoi les pays qui veulent  » terrasser la bête  » ont plus qu’intérêt à s’unir et grâce à une monnaie commune, à éviter la spéculation. Car, le pire danger qui guette, partout dans le monde, un pays qui prend de sérieuses distances avec le dogme ultra libéral, est la spéculation sur sa monnaie. Tant que les spéculateurs, sans aucune limite, d’aucune sorte, pourrons spéculer sur les monnaies, les gouvernements progressistes verront leur action extrêmement menacée par les spéculateurs qui s’acharneront sur leur monnaie, pour deux raisons :

– gagner
un maximum de fric, comme sur tout le reste

– nuire aux gouvernements  » hérétiques  » et si possible les foutre en l’air car ils défendent un programme politique et économique visant, comme l’a préconisé Keynes, à marginaliser les rentiers, voire à les mettre hors d’état de nuire.

Autrement dit, les spéculateurs gagnent du fric tout en défendant leur peau. Un exemple : de nombreux pays d’Amérique du Sud se sont émancipés des griffes mortelles du FMI et du colonialisme américain, et ont repris leur destin en main. Ils n’ont pas instauré le paradis sur terre, mais ont amélioré notablement la situation de leurs peuples. Ils ont bien du mérite, car ils rencontrent deux énormes difficultés :

– Une haine
incroyable de l’Europe, larbin du système et de la CIA, qui, au lieu de les soutenir, ne pense qu’à leur mettre des bâtons dans les roues et à les trainer dans la boue, pour être bien notée par ses maîtres.

– Une spéculation
incessante pour punir ces gouvernements qui prétendent gouverner leur pays à la place des spéculateurs et des multinationales.

Pour les pays d’Europe, c’est exactement la même chose. L’euro aurait pu être un formidable levier de progrès social et de création d’emplois. Ce n’est pas  » de sa faute  » s’il a été confisqué, en tant que simple outil, par les rentiers et a aggravé un chômage déjà exponentiel, du fait des délocalisations irresponsables. Mais l’euro a eu au moins un avantage, et il continuerait à l’avoir si des politiques progressistes étaient mises en place : empêcher la spéculation sur les monnaies des différents pays d’Europe. L’objection  » l’Angleterre ne fait pas partie de l’euro et sa monnaie ne se porte pas si mal  » est absurde. Ce pays est ultra réactionnaire et Londres est une des capitales mondiales de la spéculation. Mais qu’un gouvernement réellement progressiste arrive au pouvoir et sa monnaie sera foutue par terre en 48 heures.

La meilleure solution, en l’état actuel, ou la moins mauvaise, serait une monnaie commune de référence permettant des traitements différenciés, tout en évitant la spéculation. Il ya des économistes qui sont favorables à cette solution, d’autres qui y sont favorables à priori, sans exclure si nécessaire une sortie de l’euro à terme, d’autres sont pour une sortie immédiate de l’euro.

Plusieurs partis, des hommes politiques de divers horizons et de nombreux citoyens souhaitent une Vié République. C’est dans ce cadre que la nécessaire désobéissance et la salutaire Résistance aux délires des ultras réacs de Bruxelles peuvent être juridiquement organisées et garanties. A cette occasion, le Conseil d’ Etat serait remis à sa place et recadré. Il n’exerce que les pouvoirs que la Constitution lui donne. Il suffit de lui interdire de juger les actions relevant de ce domaine. Quant au Conseil Constitutionnel, ce pourrait être l’occasion de le supprimer. C’est un vieux  » machin  » archaïque. Il ne doit rien y avoir au-dessus de la souveraineté du peuple et donc de ses représentants, à savoir le Parlement. Que des vieux schnocks, qui ont été élus mais ne le sont plus, viennent défaire ce que les représentants du peuple ont fait, est une atteinte à la République démocratique. C’est bien pourquoi la première chose à faire, serait de modifier les institutions. Quant à dire que le problème de l’euro n’est pas le seul qui se pose, c’est enfoncer une porte ouverte.

J’ai bien dû dire 3 millions de fois, avec d’autres bien sûr, qu’il fallait :

– Faire rentrer dans le budget de l’Etat les milliards qui se trouvent dans les paradis fiscaux, fruits d’une fraude et d’une évasion fiscales massives, tolérées, voir encouragées par les gouvernements successifs.

– Supprimer 90 % des niches fiscales qui sont inutiles.

– Faire payer
les mêmes impôts aux multinationales qu’aux PME/PMI

– Réduire
les écarts délirants de salaires à un écart de 1 à 20

– Augmenter les bas salaires et réduire les dividendes versés aux actionnaires parasites.

– Promouvoir
et renforcer les services publics.

Etc …
J’en passe et des meilleurs. L’ultra libéralisme ou capitalisme sauvage dérégulé est un tout. Il a consisté à détricoter tout ce que les démocraties avaient patiemment échafaudé au fil des décennies en terme de justice sociale et d’intérêt général. Il importe désormais de détricoter tous les reculs et bonds en arrière des ultras et pas seulement un seul d’entre eux.

Ils ont TOUT cassé.

Il faut TOUT reconstruire !

 JEAN LOUIS CHARPAL

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