CAP A GAUCHE OU CAP SUICIDE ?

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Les élections municipales ont été un désastre sans précédent pour le Parti socialiste. Pour ceux qui attendaient une inflexion, une correction de trajectoire, les signaux envoyés dans le discours de François Hollande sont décevants. Des millions d’électeurs ont entendu que le gouvernement, après un cadeau de 20 milliards d’impôt aux chefs d’entreprise, allait accorder 35 milliards de remise des cotisations allocations familiales. Et en plus qu’il y aurait 50 milliards de restriction budgétaire… Tout cela en sachant que depuis 20 mois ce genre de cadeaux au patronat non seulement ne fait pas reculer le chômage de masse, il continue de progresser. L’argent va dans les dividendes et dans les iles Caïman, pas à l’emploi. Les patrons ont plus intérêt à spéculer qu’à embaucher, la rente rapporte plus que la production, leurs marges comptent plus que l’emploi.

Ces mêmes millions d’électeurs, ont subi une hausse de la TVA, un blocage du Smic et des salaires, des hausses des prix des services, et les petites retraites ont été abaissées… A quelques jours du premier tour, il a été annoncé un recul des indemnités des chômeurs de plus de 400 millions, 7 millions de retraités en dessous de 1000 euros ne vont pas voir leur retraite réajustée comme cela était prévu, ils vont perdre des dizaines d’euros alors qu’ils devraient fortement être ré- augmentés : ces électeurs ne pardonnent pas au PS, à juste raison, par une loi honteuse contre les retraites, de leur avoir pris 2,7 milliards.

Question de « salut public » dans la « crise » : ces milliards pouvaient (et devaient) être pris aux 500 familles qui ont gagné 59 milliards en un an, détiennent 16 % du Pib, 330 milliards plus que le budget de l’état ! Ces milliards pouvaient être repris sur les 80 milliards de fraude fiscale si la volonté de la traquer avait existé. Ces milliards pouvaient être pris sur les 590 milliards d’avoirs français qui sont détournés dans les paradis fiscaux. Ces milliards pouvaient être pris sur les 84 milliards de dividendes dont se goinfre l’oligarchie de notre pays. Le choix de plaire aux riches, aux actionnaires, aux chefs des multinationales, aux banques, sous prétexte de « redressement » est à la fois choquant et vain.

Choquant car les inégalités se creusent, les énormes richesses du pays sont concentrées entre les mains de 1 % et de l’autre coté, il y a 10 millions de pauvres, 5,9 millions de chômeurs, 50 % des salariés gagnent point de 1650 euros.

Vain car il vient d’y avoir 31 500 chômeurs de plus, cet argent ne fait pas d’emploi, on le sait depuis toujours, il va dans le puits sans fond des paradis fiscaux et de la finance casino.

Le discours du président confirme que ces 35 milliards et 50 milliards seront pris aux petits pour être donnés aux gros, à la finance. La priorité au remboursement des intérêts de la dette (car la dette ne sera elle même jamais remboursée) a quelque chose d’irréaliste, d’irrationnel, d’inouï c’est Ubu puisque ce remboursement aux forceps, pour plaire à Bruxelles et aux marchés, aboutit… à augmenter la dette. Depuis deux ans, le déficit a baissé d’un point, et la dette a augmenté de 6,5 points. C’est comme un jardinier qui arrose la rivière alors que son jardin est asséché. Ce que nous impose Bruxelles est tueur, non seulement pour la vie quotidienne de nos concitoyens mais pour l’économie du pays, et nous enfonce dans la récession. Comme ça c’est passé en Grèce, au Portugal, en Espagne, en Italie. Une austérité qui nuit à l’Europe, nourrit l’extrême droite. L’argent va aux banques du pays qui spéculent dessus, et nos services publics et notre protection sociale reculent. Au contraire, comme nous n’avons cessé de le dire depuis 20 mois, il faut faire la relance, investir, augmenter les salaires, dépenser plus pour que ca rapporte plus et que des équilibres budgétaires se réalisent ainsi.

Enfin le président a annoncé une « baisse des cotisations sociales des salariés ». Qu’est ce que c’est que cette histoire ? D’où ça vient ? Où est-ce qu’a été discutée pareille orientation ? Les cotisations sociales, c’est du salaire brut. Du salaire ! Il faut augmenter les salaires nets et bruts, et non pas les baisser. Les cotisations sociales c’est du salaire, du bonheur, c’est notre précieuse protection sociale. Si elles sont baissées que deviendra cette part du salaire mutualisée et redistribuée à chacun selon ses besoins ? C’est ce qu’il y a de plus beau en France. Est ce l’annonce de l’affaiblissement de la Sécu pour le bénéfice des « complémentaires-santé » individualisées, plus coûteuses, plus inégales ? On va dans le mur. On est dans le mur. On ne peut plus continuer dans la même voie, c’est cap à gauche ou cap suicide !

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