C’EST AINSI QUE LES CHOMEURS VIVENT !

c'est ainsiLe président des patrons et son bras armé, la direction de Pôle emploi, veulent faire porter sur les chômeurs eux-mêmes la responsabilité de leur situation. Culpabilisation et contrôles renforcés sont à l’ordre du jour. La moitié des personnes inscrites à Pôle emploi ne sont pas indemnisées. Les jeunes de moins de 25 ans n’ont pas droit au RSA contrairement aux rumeurs les plus folles qui courent sur les « assistés ». Une fois obtenues, les allocations ne sont pas si faciles à garder : répondre aux convocations stériles et fournir des justificatifs en cas d’absence, actualiser avec le calamiteux « 39 49 » 

La précarité explose avec des contrats de plus en plus courts : 80 % des nouveaux contrats sont des CDD. Un chômeur qui occupe une miette d’emploi change de « catégorie » : il sort de la catégorie A la plus commentée Ce qui (avec d’autres tours de passe-passe, radiations, contrats « aidés » et autres cellules de reclassement) permet au gouvernement de dire que le chômage stagne. Contrairement à ce que les médias voudraient imposer comme idéologie : les privés d’emploi acceptent donc de travailler y compris pour de très courtes durées, quelquefois pour presque rien ! Exemple : les femmes en milieu rural qui pour travailler doivent payer une nourrice et des frais d’essence (à condition d’avoir une deuxième voiture). Les offres en intérim qui permettent à beaucoup de jeunes d’ouvrir des droits pour pouvoir subsister sont en chute libre et c’est ce moment que les patrons choisissent, à l’ouverture des négociations sur la nouvelle convention assurance chômage, pour réclamer 8 mois de travail au lieu de 4 pour toucher des allocations (4 mois de travail = 4 mois d’allocations actuellement). Ils réclament aussi bien sûr, le retour de la dégressivité des allocations. 

Radiations et menaces de radiations vont bon train. Les prestations bidons (apprendre pour la énième fois à faire « le » CV qui retiendra l’attention du recruteur, savoir se « vendre », « 5 minutes pour convaincre »…) qui engraissent les centres de formation privés, sont obligatoires sous peine de radiation si le « conseiller » a décidé que vous deviez y aller. Les chômeurs sont « triés » en 3 groupes : renforcés, guidés, suivis. Les « renforcés » (« le fond du panier » – dixit une responsable d’agence – sont convoqués de manière intensive pour les fliquer et parfois les envoyer dans des « chantiers d’insertion » qui n’ont jamais « inséré » personne mais sont de véritables chantiers (défrichage de chemins de randonnée, maçonnerie, travaux agricoles pour remplir des paniers « bio »…). Les « guidés » sont convoqués un peu moins souvent mais doivent rendre des comptes. Enfin, les « suivis » sont « autonomes » mais la direction générale réfléchit à un moyen de contrôler les connexions sur internet pour voir s’ils cherchent vraiment.

En expérimentation également, des « conseillers » qui ne font que du contrôle ! C’est peut-être ces expérimentations qui ont conduit à ce que des privés d’emploi ont reçu des lettres leur réclamant des sommes importantes (1 300 €, 5 000 €) sous prétexte qu’ils auraient touché des allocations tout en travaillant. Dans certains cas, c’était tout simplement une « erreur » de Pôle emploi et dans tous les cas, la procédure n’a pas été respectée. En effet, si un indu de plus de 700 € est réclamé, l’usager doit être convoqué pour qu’on lui explique d’où vient cet indu et la possibilité de mettre en place un échéancier. Non seulement ça n’a pas été fait mais certains privés d’emploi ont dû revenir trois fois dans leur Pôle emploi (après avoir téléphoné, envoyé des mails et écrit au médiateur) pour être enfin reçus et qu’on se penche sur leur situation. Dans certains cas, les ponctions sont intervenues sur les allocations malgré un recours engagé pour prouver qu’il y avait une « erreur ». De toute évidence et contrairement à ce que déclare M.Bassères, Pôle emploi a déjà oublié le suicide de Djamel Chaab  ! 

Les privés d’emploi ont aussi à subir des méthodes de plus en plus infantilisantes et indignes. MRS : recrutement par « simulation » où on leur demande de mettre des carrés dans des ronds comme à la maternelle ! Job dating organisés dans les locaux du service public de l’emploi pour « séduire » des patrons auxquels ils ont déjà envoyé des CV restés sans réponses ! EMT (évaluations en milieu de travail, véritable travail dissimulé)…

Toutes ces méthodes et contraintes créent un malaise parmi les conseillers de Pôle emploi et certains les combattent au quotidien, avec quelquefois le soutien timide d’organisations syndicales « engluées »dans le paritarisme !  

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