ANNULER LA DETTE, UNE IDEE D’AVENIR !

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Entre 2009 et 2012, la dette publique a augmenté de 600 milliards d’euros, on ne peut pourtant pas dire que la période ait été marquée par une exubérance sociale et salariale ! C’est donc bien vers d’autres causes qu’il faut chercher les raisons de la montée de la dette.

Deux de ces raisons principales tiennent à la reprise par des organismes publics des dettes bancaires de la crise financière et à la récession provoquée par cette même crise. L’austérité et la pression fiscale sur la population en période de récession ne permettent pas non plus de diminuer la dette, mais juste de payer leur rente aux financiers. Différents organismes comme l’OCDE ou le FMI pointent la reconnaissance tardive du caractère insoutenable de la dette, et de l’étranglement économique que représente la course sans fin à son remboursement. Que faire ?

Les banquiers étant plein de ressources pour sécuriser leurs rentes, l’un d’entre eux, Guillaume Sarlat, inspecteur des finances devenu banquier d’affaires à Londres propose sa solution, dans une tribune du monde datée du 20/12/2013 : reconnaissant que l’état français devra refinancer pour 100 milliards de dette en 2014 et 150 milliards en 2015, avec un service de la dette à 50 milliards d’euro, il propose d’acter un système où on ne rembourserait plus le stock de dette mais où l’on paierait à perpétuité les intérêts, la dette devenant « un capital détenu par les investisseurs » sur le pays ! C’est le seul moyen pour lui d’éviter deux écueils que les marchés financiers rejettent : le « défaut », donc l’annulation même partielle de la dette, véritable abomination pour les marchés, ou la reprise de la dette publique par un refinancement de celle-ci par la BCE, que notre banquier écarte d’un « ce n’est pas leur rôle » qui ressemble fort à « Touchez pas au grisby ! »

Ceci montre toutefois que le caractère insoutenable et étouffant de la dette commence à devenir une question publique incontournable. Et ce sont bien les deux pistes, écartées par notre banquier de Londres, qui sont à creuser : un nouveau rôle de la BCE, y compris pour un refinancement des Etats émancipés des marchés, un audit de la dette publique pour identifier et annuler sa part illégitime, due au renflouement des banques et aux cadeaux fiscaux consentis aux plus riches depuis de trop nombreuses années.

J.P.DUPARC dans le journal « Le Patriote »

Voir : DETTE ET FINANCE

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