LE CHOMAGE DE MASSE

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Le chômage de masse est une réalité depuis quelque trente ans. Avant la crise de 1974, le chômage en France était faible (2,7% de la population active en 1973). Ensuite, les bataillons de chômeurs vont commencer à augmenter et fournir au capital ce que Marx appelait «l’armée industrielle de réserve» fort utile pour peser sur les conditions de travail et les salaires. Entre 1975 et 1985, le chômage a connu dix ans de hausse, qui ont porté son taux à plus de 10%. Depuis, il a connu des fluctuations entre 7,4% et 10,7%. Il se situe actuellement (3e trimestre 2013) à 10,9%, soit plus de 3 millions de personnes.

Pendant longtemps, le taux de chômage féminin a été plus élevé que le taux de chômage masculin, ils se sont rapprochés. Par contre,  le taux de chômage des jeunes a explosé: le taux de chômage des 15-24 ans est ainsi passé de 6,8% en 1975 à 24,5% en 2013. Depuis 1982, ce taux n’est jamais retombé en dessous de 15%. Si on tient compte du fait que beaucoup plus de jeunes que dans les années 70 font des études, la part des jeunes chômeurs par rapport à l’ensemble des 15-24 ans et non des seuls actifs, est de 8,9% en 2012.

Les chiffres que l’ont vient de citer viennent des statistiques de l’INSEE. C’est ce que l’on appelle le chômage BIT (Bureau international du travail). Cette définition ne prend en compte que les personnes immédiatement disponibles pour travailler, qui n’ont pas travaillé du tout dans la période récente et qui ont fait des démarches actives de recherche d’un emploi. Cette définition avait un sens avant les années 70: à cette époque, quand on avait un travail, on était en CDI et à temps plein. Or, aujourd’hui la situation est très différente: CDD, intérim, temps partiel se sont développés. Le travail à temps partiel a fortement augmenté, surtout pour les femmes: parmi celles qui travaillent, 30% sont à temps partiel en 2012 contre 16% en 1975 et près d’une femme à temps partiel sur trois souhaiterait travailler plus.

Les contrats de travail temporaire sont de plus en plus nombreux, tout particulièrement chez les jeunes. Ainsi, en 2012, 52% des salariés de 15 à 24 ans sont en CDD, en intérim ou en apprentissage. Ils étaient 18% en 1982.De nombreux salariés sont donc condamnés à la précarité ou à des temps partiels trop courts, pas seulement pour leur premier emploi mais pendant de longues périodes et, même s’ils cherchent un autre emploi, ils ne sont pas comptés comme chômeurs. Sans parler des personnes découragées qui ne s’inscrivent pas à Pôle emploi et ne sont pas considérées comme des chômeurs au sens du BIT.

La deuxième source d’information sur le chômage vient des inscriptions à Pôle emploi. Pôle emploi publie de nombreuses statistiques. Celle qui est la plus commentée est proche du chômage au sens du BIT. C’est la catégorie A qui comprend 3303000 demandeurs d’emplois en France métropolitaine (3,56 millions avec les départements d’outre-mer) fin décembre 2013. Ce nombre est en hausse par rapport à la fin novembre 2013 (+0,3%, soit +10200). Sur un an, il croît de 5,7%. Mais il existe d’autres catégories d’inscrits: au total, le nombre d’inscrits à Pôle emploi est de 5563000 en décembre 2013 (France métropolitaine). Ce chiffre correspond à l’ensemble des personnes en situation insatisfaisante par rapport à l’emploi: certaines n’ont pas d’emploi, d’autres un emploi précaire ou sont dans une formation. Un peu moins de la moitié d’entre elles (48,3%) sont indemnisées.

Mais ces chiffres ne résument pas l’impact du chômage. De nombreuses familles subissent cet impact: un des conjoints a un emploi, l’autre est au chômage ou bien les enfants vont de petits boulots en petits boulots. Le chômage déstabilise même ceux qui ne le subissent pas directement.

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