LA RUMEUR : GENRE FEMININ , LE MENSONGE : GENRE MASCULIN

La prétendue « théorie du genre » : une intoxication réactionnaire qui ne doit pas abuser les familles !

aa1Une campagne de boycott de l’école publique a été lancée ces derniers temps, et a suscité à juste titre l’inquiétude des familles et des enseignants. À la base, une opération d’intoxication visant à faire croire qu’on enseignerait désormais la sexualité en maternelle, la « théorie du genre » partout ailleurs, voire qu’on inciterait les enfants à devenir homosexuels. Il est regrettable que des familles se soient laissées abuser par des inventions aussi grossières.

L’UFAL rappelle qu’il n’existe pas de « théorie du genre ». Cet épouvantail imaginaire a été inventé en 2011 par les réactionnaires de la droite catholique, repris par certains cercles de l’UMP, lors de la parution des nouveaux programmes de Sciences de la Vie et de la Terre des classes de première (rappelant la différence entre sexe biologique et orientation sexuelle). L’offensive de l’extrême droite et des cléricaux contre le mariage pour tous lui a, en 2013, redonné force et vigueur.

La manipulation reprend aujourd’hui, au prétexte de la publication, par le ministère de l’Éducation nationale, d’un « ABCD de l’égalité » appuyant une campagne pour « l’égalité entre les filles et les garçons à l’école ». L’UFAL soutient totalement cette démarche, et considère qu’elle fait partie intégrante des missions d’instruction de l’école. S’il n’y a pas de « théorie du genre », en revanche les « études sur le genre », relevant du champ de la sociologie et de l’anthropologie, fournissent une base rationnelle à la critique des « stéréotypes de genre » (« papa travaille, maman cuisine »), indispensable à l’éducation à l’égalité.

Enseigner l’égalité entre filles et garçons, ce n’est pas empiéter sur les prérogatives des familles – sauf à admettre que les différences de genre seraient purement biologiques (ce qui est scientifiquement faux), voire voulues par un dieu créateur (ce qui relève de la croyance). On comprend que les intégristes catholiques, les intégristes musulmans, et l’extrême droite antisémite (Farida Belghoul), aient fait alliance en la circonstance contre l’école publique, parce qu’elle est laïque.

Les mêmes se retrouvent dans la manifestation « Jour de colère » du 26 janvier, entreprise, typique de l’extrême droite « factieuse », d’amalgame des mécontents contre la République.

L’UFAL appelle les familles à ne pas se laisser abuser par une propagande grossière fondée sur des mensonges, qui cherche à les instrumentaliser en jouant sur l’irrationnel, au profit de visées politiciennes factieuses.

L’UFAL affirme son soutien aux enseignants et aux parents qui subissent des pressions voire des menaces de la part d’activistes ou d’ignorants manipulés. L’école n’est pas une cible neutre : c’est le lieu des apprentissages, qui, grâce au cadre fourni par la laïcité, permet aux enfants de s’affranchir de leurs appartenances, des croyances et des stéréotypes de genre, pour accéder au savoir, à l’émancipation, à l’égalité.

Source

Lire également : THEORIE DU GENRE …ELLE COURT, ELLE COURT LA RUMEUR !

Publicités

Une réflexion sur “LA RUMEUR : GENRE FEMININ , LE MENSONGE : GENRE MASCULIN

  1. Il est complétement contreproductif de prétendre qu’il n’existe pas de « théorie du genre » parce que c’est évidemment faux. Geneviève Fraisse, pour ne prendre qu’un exemple, a écrit tout un livre (à côté du genre) pour faire le point sur ce que portait ce concept nouveau dans la culture française. Allez-vous lui dire qu’elle parle de ce qui n’existe pas ?
    Le genre n’est pas non plus l’idée plus que banale que la féminité ou la masculinité sont modelées différemment selon les époques et les milieux. Cette idée, systématisée par S. Beauvoir, se trouve déjà en acte chez Marivaux par exemple. Elle n’émeut personne.
    La théorie du genre commence quand c’est la différence des sexes elle-même qui est contestée. Quand on peut lire par exemple : «  »there are no « male » and no « female ». Those concepts are part of a whole ideology that she defines as the straight mind » (straight mind étant le titre de l’ouvrage de Monique Wittig).
    Ceci dit, il est sûr que cette théorie n’est pas enseignée en école primaire. Elle est d’ailleurs proprement incompréhensible pour les gens non préparés au déconstructivisme et au culturalisme forcenés.

Les commentaires sont fermés.