UN LEGER VENT DE GAUCHE SOUFFLE SUR LES ETATS UNIS

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L’élection d’une socialiste au conseil municipal de Seattle constitue une curiosité et symbolise la progression des idées de gauche dans le pays. Elle s’appelle Kshama Sawant. Ce 1er janvier, elle est entrée au conseil municipal de Seattle, dans l’Etat de Washington, au nord-ouest des Etats-Unis. Signe distinctif ? Elle est socialiste. C’est donc la première élue socialiste américaine depuis des décennies, ce qui en fait un véritable objet de curiosité dans le pays !

Elevée en Inde avant de rejoindre les Etats-Unis et d’y devenir professeure d’économie, Kshama Sawant appartient au Socialist Alternative Party, un petit parti fondé dans les années 80 qui ne compte pas d’autres élus. Tout au long de sa campagne, elle a laissé entendre que le socialisme était la réponse à à tous les problèmes américains, qu’ils soient sociaux ou environnementaux. Elle a repris la rhétorique du mouvement Occupy, dont le Socialist Alternative Party a été très proche, en disant vouloir défendre les «99%» face au 1% de population les plus riches.

Elle a dénoncé le « terrorisme économique» de l’entreprise Boeing à Seattle, en guerre avec son plus gros syndicat et qui menace de quitter la région si celui-ci ne fait pas les concessions demandées. Elle s’est aussi prononcée pour doubler le salaire minimum, actuellement fixé à 7,25 dollars. Une proposition très populaire ces temps-ci, défendue par Barack Obama et souhaité par 71% de la population américaine. Le maire de Seattle, le démocrate Ed Murray, est d’ailleurs aux avant-postes de ce combat : il propose le doublement du minimum salarial à Seattle, qu’il veut fixer à 15 dollars, ce qui en ferait la ville avec le taux horaire le plus élevé dans le pays.

Ainsi, aussi étonnante que puisse être une victoire socialiste aux Etats-Unis, elle l’est moins dans le contexte de Seattle, souvent considérée comme une ville de gauche. Le New York Times se chargeait de nous rappeler le passé politique local : la présence d’un mouvement anarchiste, la grande grève de 1919, ou encore l’élection d’un maire socialiste en 1922.

Mais elle n’en reste pas moins marquante. Rares sont les politiques américains faisant campagne en revendiquant l’étiquette socialiste, qui suscite toujours beaucoup de méfiance aux Etats-Unis. Bernard Sanders, par exemple, sénateur du Vermont, se dit socialiste mais fait campagne comme indépendant.

«Historiquement, les candidats socialistes gagnent aux Etats-Unis quand les électeurs en ont assez du système politique classique et veulent tenter autre chose», analyse John Nichols, l’éditorialiste du magazine de centre gauche The Nation, estimant que les opinions de gauche se diffusent de plus en plus dans le pays.

Selon l’institut Pew, 64% des Américains pensent que le gouvernement devrait se préoccuper de réduire l’écart entre riches et pauvres. Ce même institut nous apprenait en 2011 qu’une majorité de jeunes Américains n’avait plus une perception négative du mot «socialisme», une première.

Cette tendance n’a pas échappé au parti démocrate, dont l’aile gauche prend du poids depuis quelques mois. En témoigne la montée en puissance de la sénatrice Elizabeth Warren, élue du Massachussetts déterminée à réguler le secteur bancaire et bête noire de Wall Street.

L’élection du progressiste Bill De Blasio à la tête de New York en offre une autre illustration.  A noter qu’en face, l’aile droite du parti républicain a pris de l’avance : le courant Tea Party dispose d’un solide groupe d’élus au Congrès, qui refuse tout compromis et provoque désormais blocage sur blocage à Washington.

Source

« Ce qui est maintenant prouvé ne fut jadis qu’imaginé »…William BLAKE

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