APRES LE COUT DU TRAVAIL, VOICI LA LIBERTE DU TRAVAIL !

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Le Medef et ses divers relais se sont trouvés un nouveau combat : la liberté du travail. On a droit à un beau florilège d’arguments, de l’évolution sociétale à la défense intégriste de la liberté individuelle de travailler comme on veut et quand on veut… Tout cela ne constitue qu’une nouvelle tentative de démolition du Code du travail. Déjà de nombreux dispositifs permettent aux entreprises de déroger au droit du travail et de faire travailler leurs salariés la nuit ou le dimanche, et certaines «  petites  » entreprises comme Sephora, Castorama ou Leroy-Merlin instrumentalisent une minorité de leurs salariés pour réclamer la suppression de toute réglementation contraignante.

Pour défendre cette liberté on a vu à la télévision des salariés « volontaires » accuser les syndicats de casser le travail, avec des propos bien rôdés qui ne sont sans rappeler ceux de l’UMP et du Medef. On a aussi découvert un collectif, « Les bricoleurs du dimanche » qui est en réalité un groupuscule financé et encadré par Castorama et Leroy-Merlin. Sur internet une déferlante de commentaires sur chaque article concernant le travail du dimanche mettent en doute leur provenance, d’autant que là aussi nous retrouvons les mêmes arguments de « liberté », et les attaques tout azimut sur ceux qui osent s’opposer à cette grande « avancée sociale ». La liberté, c’est en son nom que Tatcher et Reagan ont commencé à détruire les acquis sociaux dans leur pays, et que les capitalistes continuent de le faire aujourd’hui. C’est en prônant la liberté, que l’on asservit les peuples.

Lorsque le travail des enfants a été aboli, le patronat et les travailleurs ont déjà tenu le même discours:  « Si les enfants ne travaillent plus, nous serons moins compétitifs. » Et des parents excédés de ne pouvoir faire travailler leur bambins pour quelques clopinettes de plus ont probablement dû soutenir leurs généreux patrons. On ne se pose jamais la vraie question : ces salariés qui souhaitent travailler le dimanche, le souhaitent-ils parce que leur paie est tellement misérable qu’ils ont besoin de plus pour vivre  ? Ou est-ce réellement un souhait réel et sincère ? J’ai du coup une suggestion à faire au patronat : diviser les salaires par deux. Il y aura alors pleins de salariés qui voudront bien travailler le dimanche et qui manifesteront même pour cela. Puis, diviser encore les salaires par deux. Et vous verrez que l’on voudra remettre les adolescents au travail. Je continue ? …

Nous sommes face à un cas d’école : des « jaunes » payés par des patrons unis, combattent leurs propres collègues. Le patronat va-t-il aller jusqu’à se servir de ces salariés pour les faire descendre dans la rue ? Va-t-on voir des salariés se radicalisant et demandant eux-même leur propre soumission ! Notez au passage que les directions de Leroy-Merlin (Auchan) et Castorama affichent ouvertement leur intention de s’opposer à la loi. C’est simplement la fin du prétendu « Etat de Droit » pour un retour à la jungle ultralibérale du Far-West. Notons avec ce combat, que seule la bourgeoisie a encore une conscience de classe. Et c’est ce qui lui permet d’écrabouiller les salariés.

Mais quelle est la liberté du salarié ? C’est vrai que lorsque les salariés décident de forger eux même leur propre chaine, il n’y a pas grand chose à faire. En attendant, il y a 5 millions de chômeurs et les grandes enseignes sont les rois de l’embauche à temps partiel… faudrait peut-être réfléchir à la question. Ceux qui nous parlent de liberté de choisir ou pas de travailler le dimanche, se rendent-ils compte que ce choix revient à leur seul patron et qu’eux non pas leur mot à dire. Et le libre choix de faire 35 H et non 20H dépend encore de l’employeur et le choix de travailler plutôt que d’être chômeur est encore dans la plupart des cas une conséquence des décisions patronales et actionnariales qui, pour réduire le fameux coût du travail, délocalisent. Arrêtons de nous raconter des histoires, le salarié ne décide de rien, il est entièrement dépendant des décisions de son patron. Sinon il n’a qu’à désirer gagner plus et s’augmenter lui-même…

Les salariés de tout temps n’ont eu que ce qu’ils ont pris, en 36 ou en 68 en montrant les dents, ou lors du CPE et autres mouvements qui ont fait reculer les gouvernements et le patronat. Mais de tout temps la bourgeoisie à chercher à diviser le mouvement ouvrier et s’est appuyée sur les « jaunes », qui aujourd’hui ne se cachent plus et entrainent dans leur sillage des salariés plus crédules qui ne mesurent pas les conséquences de leurs actes.

Pour gagner plus, il faut se battre pour de meilleurs salaires, et non pour travailler plus, car lorsque le dimanche sera banalisé, il sera payé comme un jour normal, et ensuite pour gagner plus il vous faudra travailler de minuit à 6H du mat, et à plus ou moins longue échéance vous travaillerez 24/24, 7 jours sur 7 pour le même salaire. Les discours de Marine, de la droite et des milieux souverainistes comme quoi les salariés auraient les mêmes intérêts que leurs patrons et que nous devrions tous nous serrer les coudes ne profitent qu’à ceux qui vous exploitent en France et vivent à l’étranger pour ne pas payer d’impôts. Ne vous trompez pas de combat, un salarié n’a rien à voir avec un actionnaire du CAC 40 ou un dirigeant du Medef, vous ne faites pas partie de leur monde, vous n’êtes pour eux qu’un objet dont on se sert, et que l’on jette après usage…

Après les grandes envolées médiatiques sur le « coût du travail » qui lui a valu des milliards de subventions et autres avantages fiscaux, le Medef invente maintenant la « Liberté du travail », c’est tellement énorme que l’on pourrait en rire. Mais le plus triste c’est qu’une partie de la classe, ouvrière, précarisée, dépolitisée et perméable au discours libéral des élites capitalistes est sur le point de tomber dans le piège tendu par ceux là même qui les exploitent. Une partie des salariés est en train de se vendre et de trahir tous ceux qui ont lutté par le passé pour qu’ils puissent avoir, eux, une vie meilleure…tandis qu’eux même sont prêts à livrer leurs enfants pieds et poing liés au grand capital !

Mieux qu’un long discours, regardez cette vidéo :  « DE LA SERVITUDE MODERNE »

« Nul n’est plus esclave que celui qui croit à tort d’être libre »…GOETHE

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