LES INEGALITES PERRENISENT LE SYSTEME

savoir

Les différentes études du CREDOC ou d’autres organismes entre 2008 et 2012 donnent une idée de la réalité de la base sociale de la Ve République et peuvent expliquer sa longévité :

Premièrement selon  le revenu :

§  10% de la population constituent les « catégories pauvres » (avec moins de 780 € par mois et par personne),

§  20% sont identifiés sous le terme de « catégories modestes » (entre 780 et 1 120 € par
mois),

§  30% de la population constituent les « classes moyennes inférieures » (avec des revenus avant impôt compris entre 1 120 € et 1 750 € par mois pour une personne),

§  20% représentent les « classes moyennes supérieures » (entre 1 750 € et 2 600 €),

§  Les 10% juste en dessous sont nommés « catégories aisées » (entre 2 600 et 3 010 €),

§  Les 10% de la population les plus riches sont appelés « hauts revenus » (pour donner une idée, cela correspond à un revenu avant impôt de plus de 3 010 € par mois pour une personne seule).

Enfin il y a une caste à part, les 0,1% qui possède des fortunes dont on n’a pas idée. L’économiste Thomas Piketty donne une très intéressante analyse de l’extraordinaire différenciation chez les plus riches.

Donc en très gros, 30% à 40% de pauvres ou très pauvres ; 60% (ou 50% respectivement) dans les classes moyennes ; 10% dans les hauts revenus, chacune de ces catégories étant très inégalitaires en son sein. Enfin les 0,1% qui eux…

Deuxièmement selon le patrimoine :

Une moitié de la population (50%) ne détient que 4% du patrimoine, et cependant quand on interroge cette même population, les deux tiers (66%) estiment appartenir aux classes moyennes. Il est intéressant de noter que l’importance du patrimoine garantit une certaine stabilité de la lignée dans le corps social, ce que ne fait pas le revenu individuel même dans le cas où il est suffisant pour commencer à en constituer un. Il faut également savoir que 20% de la population pense faire partie des plus  « riches ».

Alors que les données sur la concentration du patrimoine sont édifiantes, 5% des plus fortunés disposent de plus d’un tiers du patrimoine du pays, et 10% en possèdent prés de la moitié. A l’autre extrémité un tiers des moins fortunés n’ont tout simplement rien et la moitié ne dispose que de 7% du patrimoine total…

Ce qui permet de paraphraser ainsi K. Marx : « pas plus qu’on ne peut juger un individu sur l’idée qu’il se fait de lui-même, on ne peut juger une population sur l’idée qu’elle se fait de sa situation dans la société », et d’insister sur ce qui était rappelé au début : la stabilité, sinon la pérennité des institutions, est basée sur les inégalités, compte tenu du fait que les plus pauvres sont les moins aptes à défendre électoralement ,ou par quelques autres actions solidaires, des intérêts qu’ils n’ont pas. Le fait que les plus pauvres ont intériorisés l’idée que leur situation est normale les prive de tout esprit de contestation et leur fait accepter leur sort. Ils ne pensent même pas qu’ils pourraient avoir de nouveaux droits, d’ailleurs bien souvent ils n’ont même pas recours aux minimas sociaux. Il est beaucoup plus facile de dépouiller les plus pauvres du peu qu’ils ont, que d’enlever une infime partie à ceux qui possèdent énormément. La solidarité de « caste » se fait toujours au détriment de « la lutte des classes »…

C’est pour cette raison que les revendications sur les inégalités, l’injustice sociale, si elles sont fondées, si elles constituent un bon motif d’agitation et concernent de façon vitale ceux qui n’ont rien, n’abordent absolument pas le problème de fond : celui de la socialisation des grands moyens de production et d’échanges, dont l’argent sous la forme du capital. Engels montrait ironiquement que si les moyens de production et d’échanges étaient enlevés aux plus riches par le prolétariat, ce dernier pourrait même s’offrir le luxe (!) de les laisser s’adonner à leurs passe-temps favoris…

Alex TERRIEUR d’après DWAABALA

« Les grands arrêteront de dominer quand les petits arrêteront de ramper »…J.C.F VON SCHILLER

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