MONSIEUR LE PRESIDENT

Cette lettre citoyenne entend simplement vous rappeler les trop nombreux engagements que vous n’avez pas tenus.

Vous aviez promis
en 2007 de maintenir le droit à la retraite à 60 ans : vous l’avez repoussé autoritairement à 62 ans, contre l’avis de la majorité des Français et au terme du plus long conflit social que la France ait connu depuis très longtemps. Nous n’oublierons pas !

Vous avez souhaité dans vos propositions que « la formation initiale des enseignants soit assurée » : votre réforme a supprimé l’année de stage et conduit des milliers de jeunes enseignants  non formés à exercer devant des élèves désemparés. Nous n’oublierons pas !

Vous avez voulu réformer en profondeur l’université et la recherche et  vous prétendez que cette réforme est le succès de votre quinquennat : les milliards promis ne sont jamais arrivés et de nombreux établissement de l’Enseignement supérieur sont aujourd’hui en déficit tandis que les organismes de recherche sont démantelés. Nous n’oublierons pas !

Vous avez promis de « préserver l’excellence de notre système de santé » et d’«améliorer les conditions de travail des professionnels de la santé ». Vous avez fait fermer des hôpitaux et des maternités, créé des déserts médicaux dans de nombreuses régions, supprimé des dizaines de milliers de postes de personnels de santé et détérioré gravement l’accès aux soins de millions de français. Nous n’oublierons pas !

Vous vous êtes engagé à « veiller rigoureusement à l’indépendance de la justice » : les nombreuses affaires en cours montrent crument l’exercice d’un pouvoir qui tend à privatiser la justice au service d’intérêts financiers, personnels ou politiques, et qui contrevient gravement au principe d’indépendance dont votre fonction vous fait pourtant le garant. Vos gouvernements successifs ont enfreint sous votre autorité l’Article 6 de la Déclaration des droits de l’homme et du citoyen qui dispose que la loi « doit être la même pour tous ».Nous n’oublierons pas !

Votre politique a ainsi ébranlé les trois socles de la République française : la Sécurité sociale, l’École et la Justice. Nous n’oublierons pas !

Au chapitre des Droits de l’Homme vous aviez promis à vos compatriotes de « franchir de nouvelles étapes dans la préservation et la conquête des libertés ». Les seules étapes que vous avez fait franchir à la société française constituent une inadmissible régression des Droits de l’Homme : votre politique sécuritaire et d’immigration, en flattant les idéologies d’extrême droite et en avivant les haines comme les peurs, a porté non seulement atteinte dans son application aux libertés démocratiques fondamentales, mais aussi aux principes intangibles des grands textes fondateurs de notre histoire, et que votre volonté politique a travaillé à déconstruire et à mettre en péril : La Déclaration de Droits de l’homme et du citoyen, la loi de 1905, les valeurs issues du Conseil National de la Résistance. Nous n’oublierons pas !

Sous votre présidence plusieurs ministres condamnés ou mis en cause dans des procédures ou des informations judiciaires, ont continué impunément à exercer leurs fonctions alors que dans toute démocratie digne de ce nom ils auraient dû se mettre en retrait. Vous avez ainsi contribué à l’abaissement moral de la politique en la soumettant, soit à une idéologie condamnable, soit aux intérêts d’une oligarchie financière et d’un clan. Nous n’oublierons pas !

Aveuglé par votre hyperprésidence et votre conduite autoritaire des affaires de l’Etat, vous avez dévalorisé le rôle du gouvernement et du Parlement. En refusant obstinément de vous mettre à l’écoute des citoyens, en méprisant les associations et les organisations syndicales, vous avez délité les liens sociaux et provoqué une crise démocratique et institutionnelle sans précédent dont vous portez l’entière responsabilité. Responsabilité encore aggravée par le choix de la provoquer en une période de grave crise économique et financière, crise que vous exploitez et que votre politique alimente en choisissant d’accabler les plus pauvres et en ne cessant d’enrichir la classe des Français les plus aisés. En cinq années d’exercice de votre pouvoir, vos gouvernements ont considérablement aggravé les inégalités sociales. Nous n’oublierons pas !

Enfin, vous avez adopté à de multiples reprises un comportement public et fait des choix politiques qui ont rabaissé la fonction présidentielle ainsi que l’image, la culture et les valeurs de la France en Europe et dans le monde. Nous n’oublierons pas !

Pour toutes ces raisons, en allant voter les 22 avril et 6 mai prochains, nous n’oublierons pas que vous avez brisé le contrat social et politique qui vous unissait à nous. Vous avez perdu toute crédibilité et nous vous faisons savoir que vous n’avez plus notre confiance. Adieux !

 Il est temps, Monsieur le Président, que vous redeveniez un citoyen et un justiciable ordinaire.

J’ai reçu cette lettre dans ma boite mail, et à votre tour vous n’avez plus que cinq jours pour la faire circuler

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3 réflexions sur “MONSIEUR LE PRESIDENT

  1. Nietzsche disait ceci:  » Le fantasque nie la vérité quant à lui, le menteur quant aux autres seulement  » C’est le cas du candidat Sarkozy. François Hollande a réussi à démasquer Sarkozy qui s’est démasqué déjà par lui même. Le profile de François Hollande inspire confiance et certitude.

  2. Je trouve cette lettre parfaite et l ai fait suivre avec plaisir pour que personne n oublie. Merci

  3. La droite politique prend une nouvelle orientation. Personnaliser ce « phénomène » et tout mettre sur le dos de Sarko me paraît erroné. Dans son ensemble, l’UMP de l’Assemblée et du Sénat reste imperturbable. Il y a bel et bien unanimité. Ajoutons que l’UMP s’extrémise de façon décomplexée. En ce moment, elle est, par ses discours et ses actions, plus radicale que le FN, avec, et c’est évident, la volonté de recomposer la droite en fusionnant UMP et FN.
    Dans le même temps, la politique européenne va dans le même sens : austérité accrue, pression sur les salaires, les retraites, les allocations avec, pour ne pas rester à mi-chemin, une augmentation des taxes et des impôts. Le peuple travailleur et chômeur est pressuré.

    Les politiques nationales sont en adéquation avec l’orientation européenne. La lutte des classes monte de plusieurs crans et prend toujours plus nettement des contours de guerre des classes.

    Guerre des classes, encore et toujours, les guerres elles-mêmes menées au Moyen-Orient et au Maghreb. Le capitalisme est à l’offensive, le capitalisme impérialiste aussi.

    L’objectif est d’accroître les profits, d’acquérir les marchés nouveaux, de se redéployer économiquement et géographiquement pour s’assurer le contrôle de nouvelles richesses.

    Les gouvernements libéraux, ouvertement pro fascistes, mènent campagne sur fond de guerre pour sauver ici et là la démocratie. Leur démocratie. On nous a fait le coup du terrorisme, des taliban médiévaux et de leurs épouses voilées, du dictateur Saddam Hussein, du dictateur Mouammar Kadhafi; on nous refait le coup avec le dictateur Bachar el Assad ou Mahmoud Ahmadinejad.

    Cependant, ce à quoi nous assistons, c’est à une super austérité en Occident, assortie d’une surexploitation dans les pays du Tiers-Monde et de l’ex espace soviéto-communiste. A quoi s’ajoutent les guerres initiées par W. Bush, poursuivies par le prix Nobel de la Paix et ses deux ou trois lieutenants : Cameron, Sarko et l’ex duce pédophile italien. Belle brochette!

    La guerre froide, remportée par l’Occident, débouche donc sur ce redéploiement ultra offensif tous azimuts.

    Le niveau d’opposition est faible. Il se compose d’un bloc communiste issu de la IIIème Internationale et de quelques mouvements réformistes et trotskystes. C’est la raison pour laquelle l’idéologie fascisante et raciste fait de réels progrès. Il semble qu’en Europe le patronat favorise la montée de l’extrême-droite, espérant créer un climat de crise dangereux, lourd des menaces qu’on a connues par le passé : Hitler et le nazisme, Mussolini et le fascisme, Franco et le franquisme, Pinochet, ses prisons, ses tortures et son ultralibéralisme, nous montrant par là que la dictature est le laboratoire de l’ultralibéralisme. Celui de Reagan, Thatcher, Sarko.

    Notons que la France et le Chili ont initié une forme de pouvoir caractérisé par l’union de la gauche, c’est-à-dire des partis communistes et socialistes. Ces deux expériences ont échoué. L’une par un coup d’Etat et la répression meurtrière, l’autre par l’achèvement du tournant réformiste engagé par le PCF.

    Au jour d’aujourd’hui, et compte tenu de ce qui précède, il semble évident que l’avenir des travailleurs et des peuples soit celui des luttes et de la révolution dans les rues et les usines. Il faudra bien que les peuples recourent à la violence révolutionnaire. Non par goût morbide ou romantique de la violence, mais par nécessité historique.

    Toute autre démarche de changement a (déjà) été illusoire et même suicidaire. La révolution par les urnes est un rêve imbécile.

    Sarko fait tout pour déstabiliser la situation, pour mener les travailleurs à la guerre civile. Il n’épargne rien : ni l’islamophobie, ni le racisme en général, ni les provocations envers les syndicats et les travailleurs. Son injonction à propos du drapeau rouge est une insulte à tout le mouvement ouvrier d’hier, d’aujourd’hui, de demain. S’il est un autre Bush et un autre Pinochet, c’est qu’il obéit à ses maîtres, les capitalistes. Il n’est pas fascisant tout seul. Les dirigeants actuels le sont tout autant, tant en Grèce, en Espagne, au Portugal, en Italie et en France.

    Tout cela est parfaitement concerté entre les USA, le Canada et l’Europe. Tout concourt aux mêmes objectifs : CIA, OTAN, ONU, UE, USA.

    La riposte des travailleurs doit devenir offensive et ne plus se contenter d’être faiblement défensive. Nous avons perdu suffisamment d’acquis sociaux et notre internationalisme. Nous laissons faire. Nous nous laissons faire. Il est temps d’emprunter à notre tour la longue marche vers la révolution et le socialisme!

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