LE 16 AVRIL 1961

Ce jour là débutait une opération militaire contre la « Cuba révolutionnaire », dont l’histoire se souviendra sous le nom d’invasion de la Baie des Cochons (ou de Playa Giron). Des forces mercenaires anticastristes, organisées par la CIA et soutenues par les forces navales étasuniennes devaient établir une tête de pont afin de constituer, sur un « territoire libéré », un gouvernement provisoire que Washington reconnaîtrait afin de demander immédiatement une aide internationale, et les Marines débarqueraient pour défaire le gouvernement révolutionnaire de Fidel Castro.

Dés 1959, Nixon affirmait qu’une action militaire contre Cuba était nécessaire, car il avait la conviction que les révolutionnaires allaient installer un système politique contraire aux intérêts étasuniens. Parallèlement au projet militaire et propagandiste,  la CIA mit un autre plan sur pied, elle contacta la mafia de la Cosa Nostra pour assassiner trois des principaux dirigeants cubains. On considérait, à la Maison Blanche, que si « Fidel, Che Guevara et Raul Castro n’étaient pas éliminés en même temps », toute action contre le régime cubain serait « longue et difficile ». Si les assassinats étaient réussis et que Cuba revenait au bercail, la CIA s’engageait à ce que la mafia récupère « le monopole des jeux, de la prostitution et de la drogue. »

Lorsque Kennedy prit ses fonctions de président, le 20 janvier 1961, il ordonna de poursuivre les plans d’invasion, ainsi que le marché conclu avec la mafia. Tout en continuant l’instruction en Floride, la CIA transforma le Guatemala en camp d’entraînement principal, « avec son propre aéroport, son propre bordel et ses propres règles de conduite. »

Le 15 avril,  huit bombardiers B-26 bombardèrent Cuba. Pendant ce temps, cinq navires « marchands », remplis d’hommes et d’armes, escortés par des bâtiments de la Marine étasunienne, dont un porte-avions, s’approchaient de Cuba. Ils étaient partis du Nicaragua et de la Nouvelle-Orléans. Lors de l’enterrement des victimes des bombardements, presque toutes civiles, Fidel Castro appela à la mobilisation générale : « Chaque Cubain doit occuper le poste qui lui revient dans les unités militaires et les centres de travail, sans interrompre ni la production, ni la campagne d’alphabétisation. »  Ce même 16 avril, il prononça une phrase qui fit tout de suite le tour du monde, car elle annonçait la voie idéologique qu’allait prendre le processus cubain : « Voilà ce qu’on ne peut nous pardonner : que nous ayons fait une révolution socialiste sous le nez des Etats-Unis ! »

Il n’y eut aucune tentative de soulèvement intérieur pour soutenir le débarquement. La CIA avait calculé qu’il se déclencherait de façon spontanée, mais l’immense majorité des gens soutenait Castro.  Triomphant, le 23 avril 1961, Fidel Castro déclara : « L’impérialisme yankee vient de subir en Amérique latine sa première grande défaite ! »

Voir le discours  prononcé par Fidel Castro le 16 avril 1961

« Il y a un sacré paquet de connards à Cuba, comme partout. Mais la différence à Cuba, c’est qu’ils ne sont pas au pouvoir »…José G.PEREZ

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Une réflexion sur “LE 16 AVRIL 1961

  1. Et cette défaite se répète chaque jour. D’autant que les peuples latinos (qui ont subi les pires dictatures) suivent l’exemple cubain. Au niveau de tout le sous-continent.

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