DEMOCRATIE, REFORME ET REVOLUTION

Tant que le capitalisme peut pratiquer l’exploitation sociale dans un cadre dit « démocratique », il tolère des ilots de liberté. Mais dès lors que cette exploitation sociale devient compliquée, le capitalisme impose ses lois de façon plus autoritaire. Le capitalisme contient toujours en lui cette propension à durcir ses institutions. Tout le malentendu vient du fait que l’on a appelé « démocratie » ces espaces de liberté qui sont la presse, les élections, l’assemblée parlementaire, etc…. En fait, ces espaces de « liberté » n’existent que s’ils sont dûment contrôlés par le système. Autant dire que ces espaces de liberté ne subsistent que tant qu’ils sont des leurres.

Tandis qu’on fait gentiment voter les citoyens sur des « programmes » réformistes, les officines prennent la température quant au risque d’éventuels mouvements sociaux de grande ampleur. Ces officines détiennent un authentique savoir quant à la situation sociale et anticipent les réponses à opposer. Ne doutons pas un seul instant de leur capacité à pouvoir maîtriser des situations « risquées ». Il n’est plus question du beau gosse formé par les grandes écoles à papa et faisant rempart de son attaché-case. Mais bel et bien d’une police et d’une armée formées à l’anti-insurrection, augmentées de structures parallèles et beaucoup moins amateurs que les SAC et les CDR. Tout parti révolutionnaire se devrait d’évoquer cette grave question. Il en va de la liberté, voire de la vie, des militants engagés.

Le capitalisme fonctionne doublement sur le couple oppression/exploitation. C’est son état « naturel ». Et l’on parle de fascisme à partir d’une quantité (trop) voyante d’oppression, mise en place pour continuer l’exploitation. On définit trop souvent le fascisme comme une rupture, or il n’est pas rupture, mais l’aménagement des conditions de l’exploitation qui continue dans un contexte autre. Le fascisme est la roue de secours du capitalisme.

C’est proprement ce qui s’appelle la lutte des classes. Les salariés, avec la classe ouvrière, luttent pour gagner des droits sociaux. Le patronat inlassablement tente (et parvient) de/à récupérer ce qu’il a dû concéder. Toute l’Histoire des sociétés humaines est l’Histoire de cette lutte des classes. C’est encore le cas aujourd’hui.

C’est pourquoi il importe de ne pas céder aux sirènes réformistes qui s’appuient sur l’idée que nous avons atteint un niveau de démocratie permettant de conquérir des droits nouveaux par le jeu électoral et institutionnel. L’Etat est l’Etat de la grande bourgeoisie qui ne se laissera JAMAIS déposséder. Les conquêtes (toutes les conquêtes) s’obtiendront par la lutte de classe consciente et agissante. Et plus le niveau d’exigence des travailleurs sera élevé, plus le risque d’affrontement violent augmentera. Car en définitive se posera INELUCTABLEMENT la question du renversement du capitalisme et de son remplacement par le socialisme. Ce renversement sera social (ce sont les salariés qui imposeront une société conforme à leurs intérêts) et politique (il sera nécessaire de renverser l’Etat pour lui substituer l’Etat socialiste).

Aussi ai-je un regard critique vis-à-vis du phénomène Front de Gauche : il ne pose pas du tout la question du soulèvement populaire dans la lutte pour renverser le système capitaliste et l’Etat bourgeois. Au contraire, il crée l’illusion que la « démocratie » permettra des conquêtes sociales. La bourgeoisie ne renonce jamais et elle ne renoncera pas. Le Front de Gauche ne suffit pas. Il faut aller plus loin. Ce qui fait hésiter les travailleurs, c’est la peur précisément, de l’affrontement violent. Le peuple se laisse convaincre par ces illusions sociale-démocrates car il espère faire l’économie de l’affrontement de classe et de la révolution.

Mais le recours à la violence révolutionnaire n’est pas un rêve romantique, c’est une nécessité historique.

Ecrit par Yapadaxan

« Viens une heure ou protester ne suffit plus, après la philosophie, il faut l’action »…Victor HUGO

4 réflexions sur “DEMOCRATIE, REFORME ET REVOLUTION

  1. Qu’a FAIT le NPA pendant les présidentielles pour virer Sarkozy?
    Que FAIT le NPA pour consolider une AN qui risque de compléter la main mise totale du PS sur la France?
    Suffit-il de défiler dans la rue en criant « révolution » pour virer les puissances financières au pouvoir à tous les échelons, et démonter les magouilles et combines des « élites » politico-mediatico-financières solidaires ente elles .. elles.
    En bref, que propose-t-il CONCRETEMENT , comme actions, pour rassembler toutes les forces qui tententent de les combattre , et celles qui ont baissé les bras (abstentionistes) et celles qui jouent à la balle dans leur petit précaarré ou bac de sable en criant révolution révolution, sans faire de propositions effectives et opérationnelles… Je suis perplexe.

  2. Je maintiens mes propos, même après avoir lu cette analyse.
    On y trouve certes des questions intéressantes, mais les réponses me paraissent en grande partie très subjectives et incomplètes.
    On pourrait, à mon avis, en faire autant sur tous les candidats (avec plus ou moins de bonne foi cela dit).
    Toujours est-il qu’aujourd’hui c’est aux discours et au programme du FDG que je crois le plus. Tant dans les propositions que dans la capacité à les mettre en place.
    Je tiens à préciser que je suis un abstentionniste invétéré et que seul Besancenot a de son temps obtenu mes faveurs.

    Pour conclure, je dirai qu’il ne suffit évidement pas de déposer son bulletin dans l’urne puis de mettre tranquillement les mains dans les poches en attendant que les choses se fassent toutes seules. Il faut bien entendu, et c’est la où je vous rejoins à 100%, que chacun de nous prenne en main la lutte pour ses (nos) droits.

    Merci de m’avoir laissé exprimer mon désaccord sur votre critique du FDG.

  3. Bonjour,

    Je trouve le regard critique du phénomène Front de Gauche injuste.
    Le FDG ne cesse d’appeler à l’insurrection citoyenne et ne cesse d’expliquer aux militants qu’il ne pourra rien faire sans l’engagement des citoyens dans la lutte des classes. Ils ne cessent de répéter, n’attendez pas les consignes, organisez vous, organisez l’insurrection.

    Une assemblée constituante serait organisée dès leur élection afin de justement remettre de l’ordre dans nos institutions et dans nos lois pour redonner au peuple les pouvoirs lui permettant de lutter contre le grand patronat et les actionnaires.

    Je pense que le FDG est justement un atout loin d’être négligeable pour que le peuple puisse faire sa révolution citoyenne dans les meilleurs conditions. Et il ne s’agit pas seulement d’un enjeu franco-français mais bien d’un enjeu européen voir même mondial.

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