IL Y A UN AN FUKUSHIMA

Le 11 mars 2011, un séisme, dont l’épicentre est situé au large des côtes nippones, provoque un tsunami dévastant la côte pacifique du Japon et provoquant la mort de plus de 20 000 personnes. Le séisme d’abord, puis le tsunami, touchent de plein fouet les centrales nucléaires japonaises installées sur la côte Est. Parmi celles-ci, la centrale Fukushima Daï-Ichi subit les dégâts les plus importants. Après Tchernobyl, le lobby nucléaire nous avait expliqué que c’était le résultat de la gestion soviétique incompétente. Mais avec Fukushima c’est le fleuron de l’industrie privée japonaise, dont la fiabilité était tant vantée, qui est concerné. Tôt ou tard, d’autres Tchernobyl et d’autres Fukushima auront lieu provoqués par des erreurs humaines, des dysfonctionnements internes, des tremblements de terre ou d’autres évènements imprévisibles.

Contrairement aux informations rassurantes véhiculées par les médias, la catastrophe continue inexorablement au Japon. On ne sait toujours que faire de l’eau contaminée par le refroidissement des réacteurs et qui, lorsqu’elle ne s’est pas déjà échappée vers l’océan ou les nappes phréatiques, s’entasse sur le site avec tous les risques de fuites diverses compte tenu de la précarité de la situation. Sans la pression de l’opinion japonaise, Tepco aurait déjà relâché cette eau dans l’océan.

Les six piscines des réacteurs et la piscine commune nécessitent un refroidissement constant car elles renferment ensemble environ 2 ­000 tonnes de combustible. Ces piscines sont extrêmement dangereuses et vont entraîner des dépenses pharaoniques de surveillance et d’entretien durant des dizaines d’années.

Les masses fondues de combustible (corium) des réacteurs 1, 2 et 3, représentant environ 250 tonnes de matières radioactives, ne sont toujours pas localisés. Personne ne peut dire aujourd’hui où elles sont exactement. Et rien ne permet d’écarter la possibilité d’explosion que certains scientifiques jugent d’ailleurs très probable : un contact entre ce corium et de grandes quantités d’eau serait en effet dramatique et pourrait provoquer une explosion avec un important dégagement de matières radioactives dans l’atmosphère. Cela pourrait être catastrophique et contaminer d’immenses régions, bien au-delà du Japon.

Au plus proche de la centrale, les conséquences de l’accident sur la population commencent à montrer leur étendue. Pneumonies, leucémies, thyroïdes enflées, saignements de nez, diarrhées, toux, asthme ou problèmes hormonaux semblent se multiplier chez les 2 millions d’habitantEs du secteur. Les enfants sont en première ligne, alors que les terres, les eaux et certains aliments sont fortement contaminés.

Dans la ville de Fukushima, située à 60 km de la centrale, la Criirad a mesuré une contamination de 370 000 Bq/kg dans la terre prélevée sous les balançoires d’une école primaire. Une radioactivité énorme. « Ce sol est devenu un déchet radioactif qui devrait être stocké dans les meilleurs délais sur un site approprié », déclarait alors l’organisation.

La nourriture est aussi un vecteur de contamination radioactive. Les autorités japonaises ont étendu le 29 novembre l’interdiction de vente de riz, notamment dans la région de Date, où des milliers d’agriculteurs ont dû suspendre leurs livraisons.

En avril, le gouvernement japonais a relevé la norme de radioprotection de la préfecture de Fukushima de 1 milli­sievert/an à 20 millisieverts/an pour les enfants. Or, ce taux est le seuil maximal d’irradiation en France pour les travailleurs du nucléaire !

Face à la catastrophe, et pour éviter des mesures de prévention jugées trop coûteuses, les autorités prennent des risques inconsidérés avec la vie des populations. Et si Tepco a su privatiser les bénéfices générés par l’exploitation de la filière nucléaire, c’est bien désormais la puissance publique qui doit faire face à l’immense chantier de décontamination et de prise en charge des conséquences environnementales et sanitaires.

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Une réflexion sur “IL Y A UN AN FUKUSHIMA

  1. Je tremble, pas que de peur, je tremble de tout mon être, de tout ce qui m’entoure, de tout mon univers. Pas d’échappatoire, pas de respiration profonde à tenter, le monde m’échappe, bascule et se fracasse. Les bases s’écartèlent, deviennent failles mortelles. Je ne peux m’accrocher à rien de solide : la mobilité contre-nature menace. L’épilepsie terrestre gronde, gigantesque tonnerre des entrailles. Aucune résistance, pas une prière possible : le hasard et la nécessité tectoniques modèlent l’instant et dessinent la fin. Comme un crépuscule des vies à portée du regard. (La suite sur http://pamphletaire.blogspot.com/2012/03/fukushima-mon-ame-ou-rien.html)

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