LE CHIFFRE : 2 MILLIONS

Le quotidien italien la Republicca a dévoilé des chiffres particulièrement interpellants : en Italie, plus de deux millions de travailleurs engagés dans un contrat à durée indéterminée ont dû, au moment de parapher leur contrat, signer aussi une lettre de démission en blanc. Une simple signature sous un document vide et non daté que l’employeur utilisera ensuite à sa guise pour licencier au moment le plus opportun.

Plus de deux millions de travailleurs sont soumis à ce chantage, soit 15% de tous les contrats à durée indéterminée. Cela correspond aussi à 25% du personnel des PME, dans lesquelles ont d’ailleurs lieu la moitié des démissions forcées ainsi extorquées.

Quand la présence du travailleur ne l’arrange plus, l’employeur ou le chef d’équipe sort la lettre du tiroir et la remplit. Le travailleur se retrouve dehors, sans droit au chômage ou autres allocations sociales.

Les femmes sont principalement concernées. On estime à 800 000 le nombre de femmes qui ont été licenciées sous la fausse apparence d’une démission  volontaire, en grande partie parce qu’elles étaient enceintes. Les autres motifs sont : la maladie, l’activité syndicale, l’âge et la fin de la période de trois ans pendant laquelle un employeur bénéficie d’une exonération de charge sociale pour l’embauche d’un chômeur. Les difficultés de l’entreprise sont généralement le dernier motif évoqué.

Le phénomène n’est pas neuf. En 2008, une loi du gouvernement Prodi l’avait interdit. Mais Silvio Berlusconi l’avait abrogée à son retour au gouvernement. Le phénomène a alors explosé. Il y a deux semaines, la ministre du travail de l’équipe Monti a promis de l’interdire à nouveau.

Aujourd’hui, en Italie, un travailleur actif sur quatre a déjà été confronté à ce chantage.

Source de l’article ici 

3 réflexions sur “LE CHIFFRE : 2 MILLIONS

  1. A Stats
    Comme vous le dites, l’impôt sur le revenu est aussi important dans les pays les plus développés. Par contre, il ne faut pas oublier que cet impôt représente un faible pourcentage des recettes fiscales totales. En plus en France la moitié de la population ne paye pas d’impôt sur le revenu et 75% de cet impôt est payé par 10% des contribuables (les vaches à lait du fisc).
    Je suis d’accord avec vous en ce qui concerne les niches fiscales. La France bat des recors en matière de complexité et de quantité de niches fiscales.
    Le principal problème de la France (par rapport au sujet de cet article posté par 2ccr) sont les charges sociales trop importantes et la législation du travail plus contraignante que dans d’autres pays (Allemagne, Scandinavie, Pays-Bas, etc).

    En ce qui concerne les comparaisons, je maintiens que nous pouvons comparer des indicateurs de niveau de vie entre différents pays et que cette comparaison reste objective. Dans les pays où la population bénéficie de plus de libertés et d’un meilleur niveau de vie (ceux qui ont adopté des politiques libérales, même si ça déplait aux constructivistes) les indicateurs par habitant tels que le PIB, le nombre de voitures, l’utilisation d’internet, le niveau de consommation, etc. sont supérieurs aux pays où l’Etat contrôle tout.

    Dans ces pays plus développés il n’a pas absence de règles. Par contre leurs populations ont la chance de ne pas avoir un Etat Big Brother qui contrôle tout. J’ai longuement visité les pays du bloc soviétique dans les années 70-80 et je peux vous assurer que leurs habitants ne rêvaient que de pouvoir s’échapper vers l’occident.

  2. La situation en Italie ressemble à celle en France. Si les politiciens laissaient le marché du travail fonctionner librement et si la législation du travail n’était pas aussi contraignante, ces problèmes n’existeraient pas. Il suffit de regarder ce qu’il se passe en Suisse, Pays-Bas, Suède, etc. Dans ces pays la législation du travail a été simplifiée et libéralisée et le résultat est qu’il y a très peu de chômage et le niveau de vie de la population est bien supérieur à celui de l’Italie et de la France qui se sont engouffré dans le carcan du catholicisme contre-réformiste et de l’égalitarisme à outrance.

    • Vous comparez des pays sans tenir compte de leur demographie, de leur histoire , de leur mentalité., sans tenir compte du contexte sociale et en faisant abstraction du reste: par exemple dans les trois pays que vous citez, il me semble que l’impot sur le revenu y est plus important, et que l’impot sur les société aussi si l’on enleve toute les niches fiscales ou les exonerations fiscales faites aux entreprises française. Faire parler des chiffres ne veut rien dire si l’on ne prends que les variantes que l’on souhaite; Vous etes de mauvaise foie!
      C’est comme lorsque j’etais au etats unis, et que la télé americaine comparait le systeme de santé US au systeme de santé de la Bolivie ou du Costa Rica pour dire que leur systeme de santé etait excelent. Il ont fait la meme chose pour comparer leur systeme educatif….
      Le systeme capitaliste prospere sur l’absence de regles et l’illusion de la liberté: c’est comme si dans un poulalier vous vouliez faire cohabitez un renard avec des poules et que ne fixiez pas de regles: qui profiterait de cette liberté ?

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