SORTIR DE l’EURO OU DU CAPITALISME ?

Face à la crise, le FN tente d’apporter des réponses de repli nationaliste qui ne peuvent que remplacer une guerre économique par une autre. Le 11 décembre à Metz, Marine Le Pen l’a fait de façon particulièrement agressive et démagogique, stigmatisant les dirigeants de gauche qui « comme de vulgaires affairistes de droite, se sont soumis aux marchés financiers, à l’Europe ultra libérale, à la concurrence sauvage, défendant les banques et la monnaie des banques, l’euro. » Le retour au franc, dont elle prétend qu’il permettrait d’empêcher les délocalisations et fermetures d’usine, devient ainsi l’apanage des « nationaux » opposés aux « francophobes et européistes » du PS et de l’UMP.

La contradiction fondamentale de l’euro et de l’Union européenne est une monnaie unique sans État, un espace de « concurrence libre et non faussée » sans politique économique commune, c’est-à-dire des constructions largement artificielles qui n’aboutissent qu’à consacrer la loi du plus fort, tout en développant des déséquilibres qui à terme menacent la stabilité de l’ensemble. Or, pour essayer maintenant de sortir de ce piège, les capitalistes et les gouvernements de la zone euro et de l’UE ne proposent qu’une fuite en avant, aggravant leurs caractéristiques antisociales et antidémocratiques. Les diverses solutions envisagées de « fédéralisme » conduisant à des « abandons de souveraineté » ne feraient que dessaisir davantage les peuples de la maîtrise de leur destin, tandis que la « règle d’or budgétaire » que le dernier sommet européen entend imposer ne conduirait, partout, qu’à davantage d’austérité et de misère.

Avec un maximum de démagogie, le FN s’efforce de surfer sur cette situation avec ses réponses « simples » de retour aux frontières, à la monnaie et à un capitalisme national, combinées à ses habituelles thématiques xénophobes et racistes. Ces prétendues solutions signifieraient remplacer une forme de guerre économique par une autre, non moins périlleuse puisque les travailleurs de chaque pays se retrouveraient, comme durant la plus grande partie du xxe siècle, enrôlés derrière leur propre bourgeoisie nationale. Mais il est un fait que les ravages de la « construction européenne » des capitalistes et des financiers menacent aujourd’hui jusqu’à l’idée européenne.

La «construction européenne» telle qu’elle fut menée  a abouti à un redoutable dumping social et fiscal. Il faut aussi rappeler les directives de la Commission européenne contre les services publics et les acquis ouvriers. Le constat s’impose : la « construction de l’UE », depuis 35 ans, s’intègre étroitement au déploiement de la mondialisation néolibérale et aux reculs sociaux qui l’ont rythmée. Chaque élément de cette construction l’a été en fonction des exigences capitalistes et de rien d’autre. On ne peut croire au mirage d’une UE « démocratisée », « plus sociale ».

Seuls les anti­capitalistes peuvent proposer l’alternative d’une autre Europe, en rupture avec les traités et institutions existants, fondée sur la démocratie, la collaboration et la solidarité entre les peuples, l’harmonisation sociale par le haut, le développement de services publics communs. Une Europe dont le but n’est pas de payer les dettes publiques pour enrichir encore les riches mais de la répudier pour défendre les conditions de vie des travailleurs et des pauvres ; une Europe qui ne se propose pas de sauver les banques telles qu’elles existent aujourd’hui mais de les saisir et les socialiser, afin de mettre l’économie au service du plus grand nombre. En bref, une Europe qui commence à rompre avec le capitalisme.

D’aprés des articles de Jean-Philippe Divès  et Pascal Morsu 

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3 réflexions sur “SORTIR DE l’EURO OU DU CAPITALISME ?

  1. Bonjour,
    le fédéralisme Européen n’est qu’une étape d’un plan machiavélique de mondialisation . il n’est plus temps de tergiverser , soit on vote pour les fédéralistes , soit pour les nationaliste ! comme l’Europe ne se fera pas sans la France , les ploutocrates remettrons aux calendes grecques les prétentions esclavagistes de la haute finance !

  2. Encore une fois la même rhétorique pro-Europe pour changer l’Europe…Mais on y arrivera pas! Cette Europe se construit contre nous!
    Il faut donc lui mettre un frein et le frein c’est d’en sortir! Ca la stopperait nette et permettrait alors de recommencer des négociations sur d’autres bases, du moins il faudra l’espérer, et sous la vigilance des citoyens avertis.

    Je soutiens donc la vision de MLP surtout pour ça! Il faut un choc à cette Europe! Et pourquoi ça ne viendrait pas de la France? Un sursaut citoyen, démocratique donc souverainiste.

  3. Bonjour,
    Vous pouvez toujours rester dans un idéal de gauche (la vrai) mais malheureusement le moins que l’on puisse dire c’est que l’Europe que l’on nous a contruit ne correspond absolument pas à ces attentes là. La volonté des peuples a été baffouée et malheurement il y a désormais urgence … et donc plus le temps de continuer de révasser sur des idéologies qui ne se produiront pas à court terme. Ce qui comptait s’était un « réel » humanisme, une démocratie directe, un droit des peuples à disposer d’eux mêmes …bref rien de tout cela à l’horizon… Le capitalisme n’est pas un mal en soi, tout dépend de ce que l’on y met dedans ! Rien n’est blanc ou noir … Mais la mondialisation de l’économie, des peuples, et des lois ont en tout cas permis de bien brouiller les pistes et de faire en sorte que tout le monde soit désorienté, et que les ennemis visibles, de facto soient multiples. Pendant ce temps là, les vrai entités néfastes rient, dansent et se foutent de notre gueule! Le but étant qu’un « peuple » bien hétérogènéisé contitu de voter dans toutes les gammes du gris.. Diviser pour mieux régner… Sauf qu’à ce jeu là, la prise de risque d’un vote global en Noir ou Blanc selon l’air du temps n’est pas négligeable. A ne rien faire, et laisser faire le cours de l’histoire, c’est l’Histoire qui fini par vous prendre !

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