ON NOUS AURAIT MENTI ?

Cinq mois après le début de la catastrophe de Fukushima, la pollution continue, des substances hautement radioactives se déversent toujours dans l’air et dans l’océan, la TEPCO ne peut plus cacher son incapacité à maîtriser la situation. Le mythe de la croissance infinie, le mythe pour fournir de l’énergie ad vitam aeternam, est en train de s’écrouler.  Plusieurs centrales nucléaires sont en perdition, et les scientifiques ne sont plus sûrs de rien. Lors de l’accident nucléaire de 1986 en Ukraine, on nous a dit : ce genre de problème ne pourra jamais se produire chez nous, il ne faut pas tout confondre, l’URSS est un pays avec des scientifiques à deux balles, qui ne maitrisent absolument pas cette technologie ! Sauf que là, c’est au Japon que s’est produite la catastrophe, le Japon qui est sans doute le pays le plus avancé au monde en matière technologique…

Au pays du soleil levant, les enfants vont à l’école avec un appareil pour mesurer la dose de radiations qu’ils prennent tous les jours. Quand ils rentrent chez eux, les parents regardent la dose à laquelle ils ont été exposés, puis vont se coucher, et ils pleurent, car il n’y a rien à faire, sauf à déménager et à s’éloigner du lieu de la catastrophe ! De combien, 100, 200, 500, 1000, 2000 kilomètres ? Doit-on évacuer Tokyo, doit-on évacuer le Japon ?

On apprend également qu’à Fort Kalhoun une centrale nucléaire est menacée par la montée des eaux du Missouri et que le centre nucléaire de Los Alamos est menacé par les incendies qui ravagent la région. Ceci se passe  aux USA, qui n’est pas un pays du tiers monde ! Et si ça se passe mal, faudra-t-il évacuer une partie des Etats Unis ? Et à terme à force de jouer les apprentis sorciers, faudra-t-il évacuer la terre ? Croyons nous sincèrement que ça n’arrive qu’aux autres ?

En Europe, la Suisse et la Suède ont décidé de renoncer complètement à l’énergie atomique. L’Italie et l’Allemagne prennent la même direction. En France, le gouvernement, comme tous les précédents, reste viscéralement accroché au nucléaire. Pourtant, la sortie du nucléaire est possible sans recourir massivement aux énergies fossiles (pétrole, gaz, charbon…), mais sur la base d’une politique volontariste inscrite dans un plan de réduction des consommations d’énergie et de développement des énergies renouvelables.

L’énergie est un bien indispensable à la vie, elle doit être accessible à un prix modique pour les consommations courantes, tout en faisant payer très cher les usages abusifs. La sortie du nucléaire, doit être portée par un grand service public de l’énergie. Une politique de bonne gestion de l’énergie pour les générations futures doit préserver l’ensemble des emplois, et même en créer. Il faut arrêter les projets à courts termes destinés à faire de l’argent sans se préoccuper des déchets, et en fermant les yeux sur les risques que l’on fait prendre aux populations. Pour cela, il faut faire le choix de s’attaquer aux groupes capitalistes (EDF, GDF-Suez, Areva) qui, avec la complicité de l’Etat et des principales forces politiques, imposent le nucléaire à toute la société.

La catastrophe nucléaire du Japon démontre une fois de plus la prétention technologique de l’industrie nucléaire qui ne parvient pas plus à maitriser les risques d’accidents et à en traiter les conséquences, qu’à trouver des solutions durables pour les déchets qu’elle produit. Nous sommes tous les otages de cette industrie dont la dangerosité est exacerbée par la course au profit qui régit le système capitaliste.