ACHETEZ DU CAFE REBELLE ET ZAPATISTE

Ces dernières années, une guerre contre le peuple mexicain a été déclenchée sous le prétexte d’arrêter le crime organisé et le narcotrafic. Près de 40 000 personnes sont mortes ; des villages entiers vivent sous le feu croisé des militaires, des policiers et des narcotrafiquants.

Tout le Mexique vit une situation de violence grandissante, d’hostilité majeure contre toute forme de protestation. La militarisation et para militarisation du territoire progressent continuellement.

Cette guerre arrange bien les États-Unis et le système capitaliste. Malgré tout, des milliers de personnes, villages et communautés résistent sans se rendre ni se vendre. Dans cette guerre, les communautés zapatistes continuent à résister et à construire leur autonomie.

Au Chiapas, les projets écotouristiques constituent une des sources principales de richesse pour l’investissement privé. Certains de ces projets n’ont pas pu se concrétiser en raison de la résistance civile [des communautés] et de la mobilisation citoyenne pour la défense des ressources naturelles et pour la conservation des territoires. Pour cela des producteurs de café se sont mobilisés et regroupés. Ces coopératives rebelles n’ont plus besoin du gouvernement. Elles travaillent complètement en bio sans produits chimiques. Coopératives autonomes zapatistes, les autorités qu’elles reconnaissent sont les autorités zapatistes.

Le prix du café sur le marché mondial s’est envolé cette année. Cela a bien sûr eu des conséquences sur le marché local au Chiapas ou les « coyotes », ceux qui achètent le café pour les multinationales ont proposé un prix très supérieur à celui de l’an dernier : 50 à 55 pesos le kilo de café vert selon le moment contre 28/30 pesos l’an dernier. Il s’agit en plus du prix du kilo de café payé directement aux producteurs sans qu’ils aient à l’amener à la coopérative et sans que celui-ci soit trié. La pression sur les membres des coopératives a donc été très forte cette année.

Même si l’augmentation est généralisée cette année, cela est aussi perçu comme un outil de contre-insurrection par les coopératives ; en poussant les membres des coopératives à vendre directement leur café plutôt que de le remettre à la coopérative, cela peut avoir pour conséquence d’empêcher les coopératives de remplir leurs contrats et à terme de perdre leurs acheteurs. Les membres de la coopérative Ssit Lequil Lum nous disaient que dans leurs zones, les « coyotes » ont commencé à augmenter le prix il y a quelques années quand ils ont vu que la coopérative exportait son café et payait aux membres un prix supérieur à celui des coyotes.

Il y a donc cette année un double effet : l’augmentation généralisée du prix du café amplifié par les tentatives de désorganiser les projets de coopératives autonomes.

Pour soutenir les coopératives et leurs membres, nous avons donc beaucoup augmenté le prix du café. En 2010 nous avions payé 56 pesos le kilo de café vert (soit 3,08 euros). Et pour le café qui va arriver cette année, nous avons payé 80 pesos (ce qui devrait faire aux alentours de 4,75 euros selon le taux de change) ce qui permettra aux coopératives de payer à peu près le même prix que les « coyotes » une fois retirés tous les frais de sélection du café et d’exportation. Le bénéfice en 2011 sera donc sensiblement réduit par rapport à cette année mais il nous a semblé important de soutenir les coopératives.

 Vous aussi soutenez ces coopératives et contacter  Echanges Solidaires :

Echanges Solidaires 21 ter, rue voltaire, 75011 Paris

Mail : cafesolidaire@no-log.org

Publicités