QUARTIERS IMPOPULAIRES

Chacun fantasme sur les quartiers populaires, mais ce qui est sûr c’est que le nombre d’habitants vivant sous le seuil de pauvreté y est trois fois plus important qu’ailleurs. Le taux de chômage frôle les 20%, et chez les jeunes il a augmenté de près de 60% depuis janvier 2008. Si la crise économique et les réformes du gouvernement frappent l’ensemble de la société française, les effets en sont décuplés dans les quartiers populaires.

La vie des quartiers est rythmée par le harcèlement policier, les contrôles d’identité au faciès, les humiliations, les descentes de police et interpellations musclées, comment s’étonner que les jeunes des quartiers laissent parfois éclater leur colère quand un habitant meurt lors d’une énième intervention policière.

Et même en dehors des quartiers, la discrimination est présente, lors de la recherche d’emploi, discrimination à cause de leur origine ou simplement du quartier où ils habitent. Vexation d’être refoulé en boite de nuit, ou réflexions et blagues douteuses contribuent à renforcer le sentiment d’exclusion.

Les services publics dans les quartiers sont à l’abandon, du fait de la rentabilité, le personnel est en sous effectif et les tensions entre ceux qui se sentent délaissés et ceux qui ne peuvent assurer un service dans de bonnes conditions sont fréquentes.

Souvent les poussées de fièvre des « banlieues » paraissent sans mots d’ordre et revendications précises. Mais après avoir exprimé  leur colère et leur mal vivre, les jeunes retournent dans le rang, se déguisent en homme sandwich en faisant la promotion de marques bien voyante sur leurs jeans ou leurs casquettes et vont manger un hamburger chez Mac-Do !

Si à la place de bruler des voitures ou des gymnases, les jeunes brulaient les symboles du capitalisme le problème seraient pris différemment par nos gouvernants. S’ils faisaient un gros tas de « Nike », d’ « Adidas » et qu’ils y mettaient le feu, ou s’ils sortaient leur télé dans la rue pour la détruire, certains se poseraient des questions. Mais bruler des voitures ou détruire des biens publics fait marcher le commerce, car il faut réparer ou remplacer. Tant que le système n’est pas remis en cause, cela n’inquiète pas les dirigeants. Au mieux cela inquiète les citoyens qui aux prochaines élections demanderont davantage de sécurité. La droite et l’extrême droite se frottent les mains.

L’éducation et la perception du monde qui nous entoure ne sont pas seulement le fait des parents ou de  l’école, mais c’est aussi le reflet des personnes que l’on fréquente et du milieu où l’on vit. La mixité sociale n’est pas un vain mot. Il est nécessaire de côtoyer d’autres modèles de vie afin de se construire et de remettre en cause certaines idées reçues. Le mélange et le partage des cultures donneront à chacun  le sentiment de faire partie d’un tout. Un premier pas vers la tolérance et la citoyenneté. Beaucoup ne connaissent que très peu les quartiers dits défavorisés, et il leur est difficile d’en avoir une perception juste. Pour cette raison il est très facile aux  hommes politiques de créer des ghettos et d’en donner l’image qu’ils désirent dans les médias.

« Etre citoyen, ce n’est pas vivre en société, c’est changer la société »

Augusto BOAL

 

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