EDUCATION, OU EN EST – ON ?

L’enseignement supérieur français est mal financé et inégalitaire. Les grandes écoles reçoivent presque deux fois plus de la part de l’Etat que les universités. La loi relative aux libertés et responsabilités des universités (LRU) aggrave cette situation, en soumettant le budget des universités au financement privé. Cette loi donne aux présidents d’université un pouvoir discrétionnaire sur les nominations, les carrières et les rémunérations. Mieux vaut être dans les papiers du prince et ne pas avoir l’esprit contestataire.

La France est l’un des pays où l’origine sociale influe le plus sur le niveau scolaire. Les enfants d’ouvriers, d’employés et des «sans-activité» représentent 84% des élèves en difficulté et les universités n’accueillent que 10% d’enfants d’ouvriers. Les inégalités résultent de très nombreux facteurs, qui pénalisent ceux qui disposent des plus faibles atouts familiaux. Mais avec la baisse du pouvoir d’achat et la montée du chômage, il est difficile pour des familles, jusqu’à là épargnées, de financer des études de plus en plus longues. De nombreux étudiants sont obligés de travailler. Et lorsque les conditions matérielles deviennent trop difficiles ils abandonnent leurs études.

Le droit à l’autonomie des étudiants doit être assuré par un revenu minimum garanti, complété par des bourses, ceci afin de pouvoir se consacrer entièrement aux études. Le droit au logement est indispensable pour assurer une meilleure qualité des études, notamment pour les étudiants habitant loin de leur établissement. Les stages doivent être sérieusement encadrés et réglementés. Bien souvent ces stages ne sont pas des périodes d’apprentissage mais plutôt l’exploitation d’une main d’œuvre qualifiée et quasi gratuite. L’insertion professionnelle doit également devenir un nouveau droit pour les étudiants.

Mais au-delà de l’université c’est l’ensemble du système éducatif qui est attaqué. La destruction programmée de la maternelle permettra la suppression et le transfert de ses enseignants vers l’élémentaire. Le collège unique est remis en cause, et les mauvais élèves seront orientés dés la cinquième vers une voie professionnelle. Les filières «pro» subiront de nouvelles techniques de management venues du privé ce qui permettra d’avoir une main d’œuvre docile, et servira de véritable réserve de précaires pour le patronat. L’autonomie des lycées à travers une LRU bis est à l’étude, anticipant le désengagement de l’état.

Par un discourt démagogique, N.Sarkozy flatte la réussite personnelle qui ne doit rien à la naissance mais seulement au travail, alors que de nombreux jeunes bardés de diplômes mais issus de milieux populaires n’arrivent pas à trouver un emploi ! En euro constant, un jeune diplômé gagne moitie moins qu’il y a 20 ans !

On peut constater que le choix du gouvernement est clair, il s’agit de détruire le service public de l’éducation, d’adapter la formation des jeunes aux besoins immédiats du patronat, de formater les jeunes et diminuer le coût de la main d’œuvre. Rapidement certains établissement seront laissés à l’abandon et des écoles privés subventionnées par l’État accueilleront certaine couches sociales plus aisées, accentuant un système inégalitaire qui se retrouvera ensuite dans la vie professionnelle.

«L’éducation publique pousse à la démocratie, l’éducation particulière mène droit au despotisme»…abbé GALIANI

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